Salut à tous Avigeekers !

Aujourd’hui je viens vers vous en joie car j’ai vu un très bon film. Mais n’allons pas trop vite.

Hier soir je me connecte à Netflix et mon idée c’était juste de me trouver un film quelconque pour m’endormir. J’en choisis un que je ne connaissais pas du tout, tout simplement parce qu’il avait un visuel sympa et c’est tombé sur Blade of The Immortal. Le Film commence et là c’est moi qui tombe des nues. Je sens venir le très gros morceau. Je ne savais pas,  j’étais pas prêt. D’où ça sort un film pareil ?! Je vérifie quel en est l’auteur et là, je vois, Takashi Miike ! La bonne surprise.

« Mais qui c’est donc John Bog ce Takashi Miike et pourquoi ça te met dans un état pareil ? »

Et bien, très chers Avigeekers, pas de panique. C’est ce que nous allons voir ensemble et  autant vous dire que je ne me suis pas, mais alors pas du tout endormi.

TAKESHI MIIKE

Takashi Miike est un réalisateur Japonais né le 24 aout 1960 à Yao, une petite ville prés d’Osaka au Japon. Alors je vous le dis tout de suite, cet homme produit un cinéma hors norme depuis des dizaines d’années, et c’est sans conteste l’un de mes cinéastes préférés mais nous allons y venir dans le détail.

Diplômé de lAcademy Of Boardcasting and Film de Yokohama durant les années 90, ce créatif a l’imagination pour le moins débridée commence à s’illustrer dans le circuit V-Cinéma. Le V-Cinéma, au Japon, ce sont les films qui sortent directement en vidéo sans passer par les salles obscures.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Direct-to-video

Le V-Cinema est très répandu au Japon. D’ailleurs sachez que le terme lui-même est devenu une marque déposée de la toute puissante Toei Animation. C’est une autre histoire, je le met là pour info.

http://powerrangers.wikia.com/wiki/V-Cinema

Ceci dit, il faut savoir que si le cinéma de Miike est si singulier, en particulier pour un public occidental (bien que le cinéma indépendant US et européen recèle aussi de belles bizarreries, je pense entre-autre aux new-yorkais de Troma et à Dario Argento) ce n’est pas étranger à cette soupe V-Cinema qui l’a vu éclore.

Aujourd’hui cette « scène » est d’ailleurs devenue un vivier de films « fantastico-porno-gore » assez hallucinant. Je ne m’y connais pas assez pour en parler en détails mais j’ai trouvé ça qui explique un peu le délire :http://www.darksidereviews.com/dossier-v-cinema-le-marche-video-et-des-bas/

Mais revenons à la carrière de Takashi Sama. Après que le film de Yakuzas « Les Affranchis de Shinjuku » l’ai rendu célèbre, il réalise la trilogie culte qui me l’a fait connaître : Dead or Alive .

https://www.youtube.com/watch?v=tXv4V1r_00w
https://www.youtube.com/watch?v=hdl-HHBE7dg

Dans le genre « film de Yakuza », il donne une dimension No Limit jouissive et démontre une impressionnante virtuosité de réalisation.

Mais mon petit préféré de sa filmographie reste Zebra Man où il se frotte à sa manière toujours aussi décomplexée au film de super héros :

https://www.youtube.com/watch?v=JSIHn9pddho

Vous l’aurez donc compris, Takashi Miike est ce genre de cinéaste hors normes, hors cadre, hors bornes, c’est un hors bords (ouahhh la phase excusez moi j’ai pas pu m’empêcher de la faire).  Il aime sortir du cadre et le faire dans l’exagération mais sans pour autant faire n’importe quoi car ces films ont toujours un propos. Un peu le même d’ailleurs que l’on retrouve en filigrane de son compatriote et aîné Takeshi Kitano.

Quelle est cette thématique ? Et bien si je voulais la résumer très grossièrement, je dirai que c’est le tiraillement qu’il peut exister dans une société et chez les individus qui la compose, entre tradition et modernité. L’idée de respect comme valeur cardinale confrontée à la fougue et au besoin de transgression et d’affirmation d’une jeunesse prise dans un carcan de conventions. Ceci est illustré par des personnages dans des situations extrêmes. (Le meilleur exemple de ce style de cinéma assez typiquement Japonais est pour moi Kids Return de Takeshi Kitano que je vous invite très très chaudement à voir Avisgeekers).

Mais ici c’est un peu différent, car chose que je n’ai découverte qu’après avoir visionné le film, il s’agit d’une adaptation de Manga mais nous allons voir ça tout de suite.

ADAPTATION

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Le film Netflix Blade of the Immortal, que nous traitons ici, est une adaptation du Manga de Hiroaki Samura Mugen No Junin (en vf : L’Habitant de l’Infini), pré-publié au Japon dans le magazine Afternoon entre décembre 1993 et décembre 2012. Ce manga avait déjà fait l’objet d’une première adaptation en série d’animation de treize épisodes produite par le studio Bee Train en 2008.

https://www.youtube.com/watch?v=xmA_OAdbEsk

N’ayant pour l’instant ni lu le Manga ni vu l’Anime (mais j’ai bien l’intention de m’y atteler), je ne jugerai pas trop ici de la qualité de l’adaptation. Néanmoins je voudrais tout de même soulever deux points :

  1. La polémique

J’ai vu que le film avait soulevé une mini polémique. Et oui internet oblige, il en faut une par jour. Celle qui concerne « Blade of the Immortal » de Takashi Miike porte sur le dessin qui orne le dos du kimono de Manji, le personnage principal. Et oui vous l’aurez vu venir c’est une bonne grosse croix gammée.

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« Une bonne grosse croix gammée ?! Mais John Bog tu sais très bien que ce symbole sur l’image c’est un symbole bouddhiste ! « .

Et oui je sais bien qu’on ne vous la fait pas à vous Avigeekers, mais il faut croire que Netflix a estimé que le public US était moins malin que vous, et la svastika noir et blanche qui claquait dans le dos du héros, a été remplacé par un bête kanji de la syllabe « MAN » pour Manji. Alors oui, on est d’accord, c’est dommage. Ces américains sont vraiment indécrottables, mais même si c’est un peu agaçant ça ne change rien au film.

2. Difficile d’adapter un long manga en 2 heures

Le second point que je voudrais soulever brièvement ici avec vous sur l’adaptation, est le fait que les personnages de lItto Ryu (l’école de sabres qu’affronte Manji dans le film) sont vraiment tous expédiés en trois coup de katana à pot par notre héro. Pourtant, ils ont tous des dégaines ultra stylées et des backgrounds qui donnent envie de les voir beaucoup plus développés. Mais c’est dû au fait que l’on a ici à faire à l’adaptation d’un Manga fleuve. Alors c’est un défaut certes, mais qui m’a au moins donné l’envie d’aller me plonger dans l’oeuvre originale. Ce qui veut bien dire que Blade of the Immortal est un bon film. En fait j’espère, mais sans doute je rêve, que vu que la fin est quand même un peu ouverte, Netflix nous en fera une série, ça mériterait.

Mais une intro de plus de 1000 mots c’est un peu long non ? Allez passons à Blade of the Immortal, on est pas immortels nous.

https://www.youtube.com/watch?v=6Pc5ikveEjA

 

Blade of the Immortal c’est quoi, concrètement ?

Et bien dans le titre je parle de chambara, mais plus précisément c’est un film japonais de type Jedi-Geki.

« John Bog c’est quoi ça Jidai-Geki, c’est un Star Wars ? Y a des Jedis ? Y a des sabres lasers ? »

Alors on se calme. Oui il y a des sabres, mais non pas du tout laser. En fait Le jidaigeki (時代劇) est un genre théâtral, cinématographique et télévisuel japonais. Il s’agit d’œuvres historiques consacrées à l’histoire médiévale du Japon. Le chanbara est parfois considéré comme un sous-genre du jidaigeki. Le jidaimono est parfois considéré comme un équivalent du jidaigeki. Donc c’est quand même un peu un chambara mais voilà, soyons précis.

https://www.youtube.com/watch?v=Of1E3BukYGM

Une petite vidéo marrante de type parodie de Jidai-Geki trouvée par hasard sur You Tube pour loler un coup avant de rentrer dans le sujet.

En l’occurrence nous avons à faire en quelque sorte à la Rolls Royce du Jidai-Geki. Sélectionné au festival de Cannes 2017, le film à eu un résultat décevant lors de sa sortie en salle au Japon, mais merci Netflix, nous avons aujourd’hui la chance de pouvoir en profiter en VOSTFR. Voyons ça de plus près.

CASTING

Casting très cool pour ce Blade of the Immortal. Commençons par la team (le duo plutôt) des « gentils ». La jeune Rin et l’immortel Manji.

Ce duo me fait beaucoup penser à un fameux trio qui fonctionne un peu de la même manière, celui de Fuu Mugen et Jin dans Samurai Champloo. En plus le « character » design de Rin ressemble beaucoup à celui de Fuu dans l’anime de l’Habitant de l’Infini. Mais là on ne parle plus du film. Hana Sugisaki fait une Rin excellente je trouve. En effet, la jeune femme de 20 ans, se glisse à merveille dans ce personnage d’enfant guerrière orpheline en quête de vengeance. C’est un détails, mais ses petites fossettes au dessus de la bouche lorsqu’elle joue la colère ou la détresse lui donne un aspect farouche et sauvage tout à fait saisissant.

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Hana Sugisaki

Manji, le personnage principal est quand à lui interprété par Takuya Kimura qui, à ma grande surprise, est en fait un Idol japonais sorti du boys band à succès SMAP. Il est en parallèle seiyu et acteur et on le retrouve ici dans Blade of the Immortal campant avec un certain brio l’ancien samurai devenu immortel (et un peu clochard aussi quand même il faut le dire) dont nous suivons l’aventure.

Takuya Kimura

Voyons maintenant le casting du Itto-Ryu, l’école de sabres cherchant à dominer tous les dojos dEdo qui seront dans le métrage, les antagonistes de Manji. Sorte dAkatsuki en mode samurai, pour ceux qui connaissent Naruto Shippuden. Cette école a pour maître Anotsu Kagehia, interprété par Sota Fukushi (qui sera la prochaine incarnation de Ichigo dans le film Bleach de 2018). Les autres membres notables du Itto-Ryu sont Shira interprété par Hayato Ichihara, Sabato Kuroi interprété par Kazuki Kitamura et Maki Otono par Erika Toda.

https://www.nautiljon.com/people/fukushi+sota.html

On notera enfin la présence du fameux acteur de théâtre Kabuki Ichikawa Ebizo XI. Mais voyons voir ce que ça raconte tout ça.

HISTOIRE

L’intrigue de Blade of the Immortal prend place au Japon vers la fin de la période du Shogunat Tokugawa dans la ville d’Edo et alentours. Cette époque de l’histoire du Japon, la fin de l’ère Edo, a pour caractéristique d’être celle de l’ouverture à l’occident. On le voit dans le film à la présence de mousquets, sachant que les armes à feu n’était pas connus dans le shogunat avant l’arrivée de commerçants étrangers, (principalement Hollandais pour les premiers et Américains et Portugais  par la suite).

La fin de la période Edo c’est aussi la fin  de la toute puissance des samurais. Les marchands devenant de plus en plus riches du fait de l’ouverture au commerce, il devient de plus en plus difficile de les différencier des samurais niveau fortune et apparat. Après une longue période de paix, seuls les samurais de haute noblesse peuvent prétendre garder des revenus en mesure de maintenir leur mode de vie. Ceux de plus basse extraction se voient contraints d’ouvrir des écoles de sabres qui se livrent dans la cité d’Edo une âpre compétition, ou de devenir ronins, (c’est à dire mercenaires errants sur les routes très fréquentées à l’époque de l’archipel), vendant leurs services au plus offrant.

C’est dans cette période trouble de l’histoire du Japon (qui correspond à la fin d’une époque avant la restauration de l’Empire), que prend place l’action de Blade of the Immortal. Cette période fascinante inspira énormément d’œuvres géniales telles que le manga  Vagabond, la série Samurai Champloo, et en littérature La Pierre et le Sabre et La Parfaite Lumière. Je vous encourage vivement à vous y intéresser de près car c’est passionnant. Je lierai à la fin de la fin de cette review quelques vidéos pour vous y inciter.

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Château d’Edo

SCENARIO

Venons-en au scénario de Blade of the Immortal.  Manji le samurai exécute des fauteurs de trouble pour son seigneur et maître. L’ayant par le fait rendu veuve il prend sous son aile la toute jeune femme de l’un d’entre eux, Hiakurin. Elle devient sa « petite sœur » et lui son « grand frère » et protecteur. Manji devient alors un fugitif et sa tête est mise à prix. Des chasseurs de primes, avec de bonne dégaines de yakusas/sabreurs des familles, parviennent à prendre en otage Hiakurin pour le forcer à se rendre à eux. Faisant mine de la relâcher, le chef des chasseurs de prime l’exécute salement devant son grand frère. La chose qu’il ne fallait pas faire. S’ensuit une bataille épique à un contre cent (dont Manji tirera son surnom de « tueur de cent hommes ») façon Dynastie Warriors d’où notre protagoniste principal sortira vainqueur, mais à l’agonie, balafré, et avec un œil en moins. Alors surgit une vieille sorcière, il l’a supplie de l’achever mais à la place, pour lui sauver la vie… Elle lui inocule dans une plaie des vers grouillants et dégoûtants. ..qui le rende immortel.

Le gros de l’action du film (en fait tout le reste du film) se déroule 50 ans plus tard, à Edo. La jeune Rin Asano s’entraîne au maniement du sabre dans le dojo de son père, quand fait irruption l’école Itto-Ryu au grand complet qui massacre sa famille après avoir décimé l’école Asano. Mais Kagehisha Anotsu le puissant maître du Itto-Ryu choisi de laisser vivre la petite fille. Cette dernière part en quête de vengeance.

« La suite du scénario correspond à ce que l’on pouvait attendre dans une adaptation de manga du style de L’Habitant de l’Infini. »

Rin, mise sur sa piste par la sorcière, retrouve Manjin qui n’a pas prit une ride (souvenez-vous il est immortel). Il devient son garde du corps et enfin, après cette longue mise en place, les péripéties commencent.

La suite du scénario correspond à ce que l’on pouvait attendre dans une adaptation de manga du style de L’Habitant de l’Infini. Le héros se confronte aux membres de l’Itto-Ryu, chacun ayant ses techniques de combat caractéristiques, un par un, trouve des alliés, se fait trahir, et confronte le dernier boss à la fin. Mais tout ça on le détaillera dans la partie spoiler.

VISUEL

J’ai trouvé Blade of the Immortal très beau. Tant au niveau couleurs qu’au niveau décors et des costumes. Takashi Miike joue sur les contrastes. Contraste des couleurs tout d’abord, renvoyant notamment au Kimono noir et blanc de Manji. Je pense aussi aux effusions de sang d’un rouge saturé sur blanc immaculé. Mais aussi contraste entre scènes ultra violentes et dynamiques et scènes beaucoup plus contemplatives. Quand le film se pose, la photographie change d’intention et on se retrouve devant des plans fixes proches d’estampes à plusieurs reprises.

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Des moments de grâce visuelle

MISE EN SCENE / REALISATION

La mise en scène de Takashi Miike est ici, comme à son habitude, exubérante et excessive dans le bon sens des termes. Avec une réalisation nerveuse et ultra stylisée, on reconnait bien là l’auteur de Dead or Alive. Cependant, et il ne me semble pas avoir déjà vu ça dans la filmographie du cinéaste, corrigez-moi si je me trompe, le film prend aussi le temps de se poser. Il y gagne un rythme immersif et une certaine profondeur. Pour résumer, la mise en scène comme la réalisation vous prennent de la première à la dernière seconde sans vous laisser décrocher un instant, efficace.

Mais passons à la partie Spoiler !

SPOILER SPOILER

Spoiler

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Tout d’abord le film part très bien. Avec ce noir et blanc esthétisant, qui en fait signifie que l’introduction se passe dans le passé du reste du film. L’image passe abruptement en couleurs saturées au moment précis ou Manji accède à l’immortalité. Et ça c’est cool. C’est peut être un détail pour vous mais pour moi ça veux dire beaucoup.

Vous me direz : « Mais John Bog, c’est un peu facile comme effet ! »

Oui. C’est vrai. Mais c’est tellement bien amené que ça justifie totalement de l’avoir fait comme ça. C’est l’hameçon auquel mord le spectateur et qui en quelque sorte le rend complice du film. Comme un gros clin d’œil bien appuyé. « Hey t’as vu je vais te faire un film comme ça, un film abusé  » 😉

Mais je vais revenir un peu sur la baston contre les chasseurs de prime. Trop stylé. J’ai adoré le genre de têtes qu’ils tirent. Vous savez ce genre de têtes typiques des yakuzas et des bad boys en général dans les mangas et les animes. Avec la bouche tordue. Oui je sais que vous voyez ce que je veux dire. Et cette bataille dantesque contre les 100 hommes, presque dès le début du film. Trop cool.

L’Itto-Ryu encore. Qui défie tous les dojos d’Edo. C’est une mécanique de films d’arts martiaux bien connue et bien rodée qui marche à tous les coups. Typiquement dans Ip Man par exemple. Là aussi la personnalité de leur chef génie du sabre, Kagehisa Anotsu, maniéré délicat et androgyne, est un cliché du chanbara. Un cliché qui marche, qui renvoie au personnage de Sasaki Kojiro dans le roman classique japonais La Pierre et le Sabre. Donc vous voyez Blade of the Immortal est une douce friandise pour tout amateur de culture japonaise. Rappelons que le film n’a pas eu trop de succès chez nos amis nippons. Bah oui, ils connaissent déjà bien tout ça eux, les veinards.

« […] l’envie de vengeance n’est jamais bonne conseillère »

Ce qui fait aussi rentrer Blade of the Immortal dans un peu toutes les cases thématiques des fictions japonaises, ayant pour théme principale le combat et les arts martiaux, c’est qu’il parle principalement de vengeance. La vengeance de Rin bien sûr, par le biais du bras de Manji, mais également les membres de l’Itto-Ryu sont mus pour la plupart de motivations vengeresses. Shira en veut aux nobles, Kagehisa à l’école de sabre consacrée du shogunat pour l’humiliation de son père…Tous les personnages ou presque sont ici en quête d’une forme de vengeance, et ils ont dans l’idée que celle-ci doit être violente. Or, et c’est là le propos de fond du film, si chacun pense son combat plus juste que celui de ses adversaires, ne sont ils pas au fond pareils que lui ? Ce motif récurent des antagonismes inutiles entre êtres qui finalement sont bien similaires les uns aux autres, est l’ossature de Blade of the Immortal et son message que l’envie de vengeance n’est jamais bonne conseillère. Cette dernière rend en effet manipulable et à la fin on se rend compte que c’était les intérêts d’autres que l’on servait. Souvent trop tard. Jolie morale.

Le final est grandiose. Dans une bataille d’au moins un quart d’heure de temps de film ( j’ai pas chronométré mais ça doit être à peu près ça), se nouent et se dénouent des intrigues, se succèdent les rebondissements, et la vie et la mort dansent sur le fil des katanas. Tout ça très bien chorégraphié et scripté pour que le spectateur soit tenu tout le long en haleine. Un beau et long final donc conclut un film qui, sans avoir la prétention de révolutionner le cinéma, a au moins le mérite de secouer un peu le genre.

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FIN DU SPOILER FIN DU SPOILER

CONCLUSION

Et bien vous l’aurez compris, Blade of the Immortal de Takashi Miike, est un super film. Haletant. Sensible sous son kimono de bruit et de fureur. Franchement regardez-le. Déjà, vous en prendrez plein les yeux, et en prime vous aurez à plusieurs reprises le poil qui se dresse et le cœur qui s’emballe.

Blade of the Immortal n’est pas exempt de défauts bien sûr. Notamment l’aspect un peu rusher des antagonistes, dût à la difficulté d’adapter en deux heures et quart un manga fleuve, mais aussi le coté enchaînement de clichés qui ravira les amateurs du genre, mais exclura ceux qui y sont hermétiques. En tout cas pour moi, visionner ce métrage a été une très bonne surprise et sincèrement ça faisait longtemps que je n’avais pas passé un aussi bon et stimulant moment devant mon écran.

Je laisse ici deux petites vidéos pour les Avigeekers qui souhaitent continuer un peu sur la thématique.

Merci de votre attention, c’était John Bog pour Avis Geek.

https://www.youtube.com/watch?v=vaOOSTXXbT0
https://www.youtube.com/watch?v=IGxMcEOK_IY

 

 

À propos de l'auteur

John Bog
John Bog
Passionné depuis toujours d'audiovisuel japonais, de mangas, de cinéma et d'univers fictifs en général.
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