Bonjour, aujourd’hui, moins de complexité, plus de c.r.a.z.y :

C.R.A.Z.Y, le film !

(ok ok..)

Pour les avisgeekers fans de navets ou de films lambdas, vous allez être déçus, pour les autres fans, accrochez-vous, puisque voici une nouvelle petite pépite !

Au niveau présentations, je vais être rapide :

C’est un film Québécois réalisé par Jean-Marc Vallée, sorti en 2005.

Il rencontre un énorme succès au Canada (on compterait plus d’un Québecois sur huit l’ayant vu au cinéma), et non des moindres aussi pour le reste du monde.

Pareil en termes de récompenses, il remporte une flopée de distinctions dont je vous passe la liste (meilleurs film canadien, meilleur réalisateur, meilleur montage etc… dans divers festivals).

Bref venons-en au but, le film !

On y découvre le parcours d’une famille québécoise (religieuse), composée des deux parents, 5 enfants, dont un en particulier, Zachary.

La signification du titre:

Tout d’abord le titre n’est pas anodin: C.R.A.Z.Y

Ce titre donne plusieurs informations:

  • Ce film est un peu « crazy » (bon ok ce n’est pas vraiment une info très crédible).
  • Référence à Crazy de Patsy Cline, chanson préférée du père (information «fil conducteur» pour le film).
https://www.youtube.com/watch?v=6QEDb3xzdec
  • C, R, A, Z, Y sont les 5 premières lettres des prénoms des enfants: Christian, Raymond, Antoine, Zachary et enfin Yvan.

L’histoire

Comme dit plus haut, l’histoire tourne autour de Zachary. On va le suivre à différents âges, et surtout dans différents « passages » et « évolutions » de son parcours personnel (et principalement son identité sexuelle).

c.r.a.z.y

Tout au long du film, la bande son saura vous ravir !

Autrement dit, c’est « juste » l’histoire d’un jeune canadien homosexuel (mais c’est vraiment cool promis).

La famille est donc le point central du film, à savoir les comportements et réactions des protagonistes, autour de l’acceptation de l’homosexualité de Zachary (mais pas que).

Nous avons donc le père, Gervais (Michel Côté), obsédé par la masculinité. Très fier de sa voiture, c’est un fan inconditionnel d’Aznavour (et de Patsy Cline).

Vint ensuite la mère, Laurianne (Danielle Proulx), mère aimante et entièrement dévouée à ses fils (et à la religion), avec un petit « plus » pour Zachary, ayant en commun la date de naissance de Jésus.

c.r.a.z.y

Laurianne ou je ne vis que pour mon fils

Vint ensuite trois des frères, Christian, Antoine, et Yvan (respectivement l’intello, le sportif, et le petit dernier).

Au cours du film, nous verrons surtout Raymond (Pierre Luc Brillant), le frère un peu « underground ». Meilleur frère ennemi de notre « héros », Zachary, il est un personnage très important tout au long du film.

Et nous avons donc Zachary (Marc-André Grondin, pour zachary adulte). Né le jour de Jésus, doté de pouvoirs extraordinaires (notamment soigné les brûlures, ou faire calmer les pleurs des bébés..). Il est fan de musique, et surtout veut plaire à son père.

c.r.a.z.y

De gauche à droite, Christian l’intello, Raymond l’underground, Antoine le sportif et Zachary.

Où est donc la problématique ?

Et bien l’homosexualité, dans une famille religieuse, avec d’autant plus un père porté presque sur la caricature de la masculinité…

Ca ne passe pas toujours tout seul tout seul.

Mais prenez des personnages très charismatiques, des musiques soigneusement sélectionnées, de belles images, une relation fraternelle compliqué mais authentique, et vous aurez donc votre petit bijoux avec un accent québécois (oui, apparemment cela peut gêner le public français hexagonale, vous serez prévenus).

L’histoire commence donc dans l’enfance de Zachary qui présente quelques intérêts pour des traits dits « féminins ». (Comme promener la poussette de son petit frère.)

Le père vit très mal cette situation, et tente par plusieurs moyens de « masculiniser » son fils, notamment en lui offrant des cadeaux « de mecs », comme une batterie.

Bien sûr, le reste de la fratrie traite Zachary de « fif’ » (homo, version québécois), ce qui bien sûr accentue tout ce joyeux bordel naissant et grandissant.

c.r.a.z.y

Christian, Raymond, Zachary et Antoine

Sa mère de son côté tend plutôt à accentuer et encourager la « différence » que présente Zachary. Elle nourrit avec lui une relation fusionnelle extrême, et le pousse à agir « comme jésus ».

L’évolution

Parallèlement, nous suivons de manière plus ou moins proche l’évolution de Raymond, ou plutôt son chemin parsemé de péripéties le menant petit à petit, dans des problèmes de plus en plus grands (ce qui influencera petit à petit leur relation, parfois bourreaux, parfois aidés, parfois aidants, parfois très semblables..).

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Raymond et Zachary, entre l’amour et la haine

Tout au long de C.R.A.Z.Y, Zachary va chercher à combattre son homosexualité. Pour plaire à son père, il va donc « cacher » (que ce soit aux autres, ou à lui-même) son identité sexuelle.

Mais malgré cela, le hasard, la nature, et souvent la malchance auront raisons de ses efforts.

Malheureusement je ne peux vous dévoiler plus d’éléments du film (n’étant pas nombreux) sans vous spoiler.

En effet, il s’agit d’un film un peu narratif et avec beaucoup de passages « musicaux ». Il faut donc apprécier, une fois de plus, les films un peu « lents » (mais il vaut le coup).

Le film se veut aussi poétique, avec quelques passages très jolis…

« Lorsque tu ne voyais qu’une trace de pas, ce n’est pas que tu marchais seul, c’est que je te portais »

Alors je ne suis pas super bien placé pour parler d’homosexualité, mais en tant qu’hétérosexuel, je trouve que ce film défend de manière sublime ce « combat ».

Je le conseil pour les homosexuels (non je blague), mais surtout pour les homophobes (et là je blague pas).

Pour conclure, C.R.A.Z.Y est rondement bien mené. Le scénario est simple mais dispose d’un fil conducteur, tant par Zachary que par le biais du CD de Patsy (vous comprendrez). Un beau film pour une belle soirée, vous apprécierez !

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