Bonjour, aujourd’hui je vous parle de 1984 de George Orwell publié en 1949. Il décrit une dystopie où figure Big Brotherpersonnage iconique du régime policier et totalitaire, de la société de la surveillance, ainsi que de la réduction des libertés. 

1984 suit Winston Smith, un homme qui pense avoir 39 ans. Il « pense » avoir 39 ans, car dans la dystopie qu’est 1984, les années ne sont pas comptées correctement. Il estime être né en 1944 ou 1945, donc tout juste après la Seconde Guerre mondiale (en tout cas dans notre monde à nous). Winston travail au Ministère de la Vérité, où ses occupations principales consistent à réécrire, corriger, censurer ou falsifier des documents qui paraissent publiquement, pour faire en sorte que l’image de Big Brother soit toujours concise : « Le ministère de la Vérité s’occupait des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts ».

Big Brother Vous Regarde, vous écoute et vous n’aurez plus, la liberté de penser :

L’une des caractéristiques de ce monde est que les informations, l’histoire, le passé et le futur sont constamment changés et réécrits. Il est donc virtuellement impossible de trouver de « vraies » informations objectives. Winston est bien conscient de ce fait, et cette absence de renseignements réels, d’informations ou de faits historiques véritables l’amènent à un désespoir auquel il est difficile de ne pas adhérer. On le voit d’ailleurs se démener péniblement à travers ses rêves, ses souvenirs effacés ou brouillés, et une impossibilité de savoir ce qui est vrai ou non : cette censure extrême et cet état de falsification constant montrent à quel point la société totalitaire décrite par Orwell est fondée sur le mensonge et sur des énormités.

Ce savoir – ses mémoires qu’il n’aura jamais l’opportunité de vérifier – accompagné par le devoir de toujours paraître serein, confiant envers le Parti et en accord avec celui-ci, frustrent Winston et l’isolent complètement. En effet, sa famille proche (parents et sa petite sœur) ne sont plus avec lui (on pense qu’ils sont morts lorsque le Parti est arrivé au pouvoir) et il n’est pas marié et n’a pas d’enfant. Il se trouve d’ailleurs dans un état émotionnel conflictuel, en passant du « J’aime Big Brother » au « À bas Big Brother » d’un moment à l’autre, et ses frustrations se font de plus en plus fortes. Ainsi, presque en acte de rébellion, Winston prend une décision : écrire un journal.

Écrire ou tenir un journal n’est pas un « crime » pour ainsi dire (puisque, dans 1984, rien n’est proprement dit illégal ou légal), mais le fait est que Winston a terriblement peur d’être attrapé par la « Police de la Pensée », qui, si son journal était découvert, l’enverrait droit à la mort. Parler avec qui que ce soit serait un suicide, puisqu’il serait immédiatement dénoncé à la Police de la Pensée ; donc nous pouvons très bien comprendre son besoin d’un journal pour mettre ses pensées à plat.

Winston décrit alors sa vie en détail et celle-ci suit une routine incroyablement concise et monotone : tout est planifié et tout est surveillé.

Par exemple, il doit, tous les matins, faire du sport lors de « l’heure de culture physique » devant son télécran (qui voit tout ce qu’il fait et entend tout ce qu’il dit), et où il est normale de se faire aboyer dessus lorsque quelqu’un ne réussit pas un exercice : « Smith !, cria la voix acariâtre dans le télécran, 6079 Smith W ! Oui, vous-même ! Vous pouvez faire mieux que cela. Baissez-vous plus bas, s’il vous plaît ! Vous pouvez faire mieux que cela. Vous ne faites pas d’efforts. Plus bas, je vous prie ! ».

Il décrit aussi un manque de nourriture et d’objets de première nécessité (lames de rasoir, chaussures, …), et souffre d’un ulcère à la jambe qu’il ne prend pas (ou ne peut prendre) le temps de soigner. Il ne possède que du plus rudimentaire, l’eau est froide, les ascenseurs et le chauffage ne marchent pas et tout semble avoir un goût lugubre et où tout, absolument tout, est régulé.

1984 de George Orwell

Illustration de In Shadows – A Modern Odyssey

Une Manipulation Extrême :

On est alors très vite plongé dans un monde qui nous apparaît dépourvu de vie, de joie ou de quelconques émotions positives, et ce dès les premières pages. En effet, 1984 de George Orwell se passe dans un univers froid, glauque et dur, et est parfaitement décrit par l’auteur qui nous plonge immédiatement dans une atmosphère semblable à celle d’une prison, exempte de couleurs et ce, même lorsqu’il y a du soleil. Personnellement, je m’imagine un monde extrêmement terne, où tout le monde est affreusement pâle et ou les couleurs vives n’existent pas, ou du moins, si elles existent, je les imagine immédiatement avalées par l’obscurité tel un trou noir d’une société troublante.

Ce qui nous frappe alors très vite est le sentiment d’absurdité, et, croyez-moi, celui-ci ne vous lâchera pas tout le long du livre. On illustre cela par exemple avec les slogans du Parti disant : « La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force », et c’est loin de s’arrêter là. Le génie de ce livre est qu’il utilise des méthodes connues et concises pour montrer comment les protagonistes sont contrôlés et à quel point il est facile de « laver le cerveau » de quelqu’un. Je m’explique : la parole est un outil qui peut facilement être utilisée pour manipuler ou persuader une personne ou un groupe de personnes de tout et n’importe quoi.

C’est une technique que l’on peut largement voir appliquer dans nos sociétés actuelles et qu’on retrouve un peu partout, comme par exemple dans les publicités, où les agents marketing font très attention aux messages qu’ils vous envoient et où chaque mot, chaque phrase sont calculés, ou encore, à travers les religions et ceux qui essayent désespérément de vous convaincre que vous trouverez la vérité dans telle ou telle doctrine. Pesez donc vraiment les mots de ce que vous lisez. Prenons cette phrase : « La guerre, c’est la paix » : on sait très bien qu’il s’agit là d’une déclaration qui est – pour nous – illogique et qui n’a pas de sens ; cependant, imaginez vous réveiller tous les jours, lire et entendre cette phrase non-stop, 24 h /24, 7 jours sur 7 : le but est bien évidemment de vous la faire avaler, jusqu’à ce que, inconsciemment, elle devienne vérité…

Vous l’aurez compris, lun des messages les plus proéminents dans 1984 de George Orwell est le fait que la langue soit d’une importance capitale par rapport à la pensée humaine, puisque celle-ci est capable de structurer – voire de limiter – les idées d’un individu, ainsi que sa capacité à formuler et à exprimer ses idées.

Ainsi, Orwell a créé un monde où le contrôle du langage est centralisé par une agence politique, qui travaille ardument pour modifier la structure même du langage. Le but est bien évidemment de rendre impossible la conception même de pensées désobéissantes ou rebelles, puisque, idéalement, il n’y aurait pas de mots pour penser ces idées.

Cela se manifeste alors à travers le « Novlangue », qui est une langue introduite par le Parti pour remplacer l’anglais. Le Parti affine et perfectionne constamment le novlangue, avec pour but ultime de rendre impossible la conceptualisation même de quoi que ce soit qui pourrait remettre en question le pouvoir absolu du Parti :

« Vers 2050, plus tôt probablement, toute connaissance de l’ancienne langue aura disparu. Toute la littérature du passé aura été détruite. Chaucer, Shakespeare, Milton, Byron n’existeront plus qu’en version novlangue. Ils ne seront pas changés simplement en quelque chose de différent, ils seront changés en quelque chose qui sera le contraire de ce qu’ils étaient jusque-là. Même la littérature du Parti changera. Même les slogans changeront. Comment pourrait-il y avoir une devise comme « La Liberté c’est l’esclavage », alors que le concept même de la liberté aura été aboli ? Le climat total de la pensée sera autre. En fait, il n’y aura pas de pensée telle que nous la comprenons maintenant. Orthodoxie signifie non-pensant, qui n’a pas besoin de pensée. L’orthodoxie, c’est l’inconscience ».

« La Guerre, c’est la Paix » :

On retrouve également ce sentiment d’absurdité à travers les divertissements, qui sont toujours des films de guerres, et où la violence est valorisée. Les gens vont jusqu’à rigoler et applaudir lorsque des scènes aux descriptions horribles sont visionnées :

« 4 avril 1984. Hier, soirée au ciné. Rien que des films de guerre. Un très bon film montrait un navire plein de réfugiés, bombardé quelque part dans la Méditerranée. Auditoire très amusé par les tentatives d’un gros homme gras qui essayait d’échapper en nageant à la poursuite d’un hélicoptère. On le voyait d’abord se vautrer dans l’eau comme un marsouin. Puis, on l’apercevait à travers le viseur de l’hélicoptère. Il était ensuite criblé de trous et la mer devenait rose autour de lui. Puis il sombrait aussi brusquement que si les trous avaient laissé pénétrer l’eau. Le public riait à gorge déployée quand il s’enfonça. On vit ensuite un canot de sauvetage plein d’enfants que survolait un hélicoptère. Une femme d’âge moyen, qui était peut-être juive, était assise à l’avant, un garçon d’environ trois ans dans les bras. Petit garçon criait de frayeur, elle le recouvrait autant que possible comme si elle croyait que ses bras pourraient écarter de lui les balles, ensuite l’hélicoptère lâcha sur eux une bombe de vingt kilos qui éclata avec un éclair terrifiant et le bateau vola en éclats. Il y eut ensuite l’étonnante projection d’un bras d’enfant dans l’air. Un hélicoptère mené d’une caméra a dû le suivre et il y eut des applaudissements nourris venant des fauteuils mais une femme qui se trouvait au poulailler s’est mise brusquement à faire du bruit en frappant du pied et en criant on ne doit pas montrer cela, pas devant les petits on ne doit pas ce n’est pas bien pas devant les enfants ce n’est pas jusqu’à ce que la police la saisisse et la mette à la porte je ne pense pas qu’il lui soit arrivé quoi que ce soit personne ne s’occupe de ce que disent les prolétaires (…)».

Pardonnez le manque de points et de virgules, ceci est un extrait du journal de Winston qui, à défaut de ne pas écrire couramment dans sa vie de tous les jours, déverse ses pensées telles quelles dans son journal.

1984 de George Orwell

« Hi kids! Do you like violence? (yeah yeah yeah!) Wanna see me stick Nine Inch Nails through each one of my eyelids? (uh-huh) »

La violence ne s’arrête pas là, puisqu’il est inclut dans la routine de tous les jours de Winston  « deux minutes de la Haine » : Qu’est-ce que c’est que cela encore, vous allez me dire ?

Et bien, une autre méthode extrême de propagande et de conditionnement mental. Les deux minutes de la Haine sont en fait une série de bruits horribles associés à des images souvent menaçantes moquant et rendant terrifiants les ennemis du Parti. Dans le cas où Winston parle de ces deux minutes pour la première fois, l’antagoniste choisi par le Parti cette fois n’est autre que Goldstein, « l’Ennemi du peuple » qui avait été une fois l’un des agents meneurs du Parti, puis qui avait fini par se rebeller et trahir le Parti (tiens tiens, ça ne vous rappelle pas une histoire ça ?) 

Satan tombé du ciel après avoir trahi Dieu

Dans tous les cas, les deux minutes de la Haine vous obligent à, encore une fois, porter votre masque de confiance envers le Parti et haïr de toutes vos forces ce que l’écran vous montre, jusqu’à ce que bien sûr, Big Brother apparaisse pour vous sauver :

« À la seconde minute, la Haine tourna au délire. Les gens sautaient sur place et criaient de toutes leurs forces (…) La fille brune qui était derrière Winston criait : “Cochon ! Cochon ! Cochon !” Elle saisit soudain un lourd dictionnaire novlangue et le lança sur l’écran. (…) Dans un moment de lucidité, Winston se vit criant avec les autres et frappant violement du talon contre les barreaux de sa chaise. L’horrible, dans ces deux minutes de la Haine, était, non qu’on fût obligé d’y jouer un rôle, mais que l’on ne pouvait, au contraire, éviter de s’y joindre. Au bout de trente secondes (…), une hideuse extase, faite de frayeur et de rancune, un désir de tuer, de torturer, décrasser des visages sous un marteau, semblait se répandre dans l’assistance comme un courant électrique et transformer chacun, même contre sa volonté, en un fou vociférant et grimaçant »

Dans ces moments horribles, Winston explique à quel point il est facile de rediriger cette rage éprouvée, et il est clair que celui-ci ressent un conflit interne extrême, puisque pendant un temps il ressent de la haine pour Big Brother, puis il ressent de la haine pour une femme derrière lui, puis il ressent de la haine pour Goldstein et finalement de l’admiration pour Big Brother.

Le plus terrifiant lors de ces quelques pages sur ces deux minutes est l’état d’hypnose dans lequel tous semblent se trouver une fois qu’elle est terminée :

« L’assistance fit alors éclater en chœur un chant profond, rythmé et lent : B-B !… B-B !… B-B !… – encore et encore, très lentement, avec une longue pause entre le premier “B” et le second ».

Et, le fait est que cela me rappelle bizarrement les manipulations effectuées par certains politiques qui poussent à la haine, qui poussent à des perspectives dangereuses, comme le « Nous vs eux » typique, qui poussent au racisme, à la violence et disent des choses horribles comme « Grab them by the pussy » ou encore «  La France aux Français ! », qui utilisent les insécurités du peuple et le retourne contre lui-même en ayant des discours égocentriques tout en se donnant l’image de sauveur qui n’est pas comme les autres et saura aider le peuple légitime, le vrai. 

Illustration de In Shadow – A Modern Odyssey, vidéo que je vous conseille de voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=j800SVeiS5I

Cette violence insensée et le fait que la population rigole après avoir vu de telles images, ou encore cette histoire de deux minutes de la haine, donne au lecteur un sentiment d’aberration, presque accompagné d’un sentiment d’impuissance : on se demande dans une telle situation et face à un tel non-sens, comment pourrait-il y avoir un espoir même de changer ces gens, de les réveiller, de les secouer et de leur faire arrêter cette sottise extrême à laquelle ils participent ! Winston a d’ailleurs un sentiment quelque peu similaire plus tard dans le livre, où il fait un tour dans les quartiers prolétaires pour passer du temps « qualitatif » avec une prostituée, où il décrit le peuple pauvre :

« S’il y a un espoir, écrivait Winston, il réside chez les prolétaires. S’il y avait un espoir, il devait en effet se trouver chez les prolétaires car là seulement, dans ces fourmillantes masses dédaignées, quatre-vingt-cinq pour cent de la population de l’Océania, pourrait naître la force qui détruirait le Parti »

En effet, les prolétaires ne sont pas considérés en temps qu’êtres humains, ils sont vus comme des animaux par le Parti (j’ai envie de vous dire en premier lieu que les humains ne sont pas au-dessus des animaux, mais dans 1984, on l’a bien compris, le Parti se moque bien de la valeur de la vie en général.), et ne sont pas soumis aux règles que les membres du Parti (comme Winston) doivent suivre. En fait, ils ne sont soumis à aucune, ou presque aucune, propagande politique :

« On essayait pourtant pas de les endoctriner avec l’idéologie du Parti. Il n’était pas désirable que les prolétaires puissent avoir des sentiments politiques profonds. Tout ce qu’on leur demandait, c’était un patriotisme primitif auquel on pouvait faire appel chaque fois qu’il était nécessaire de leur faire accepter plus d’heures de travail ou des rations plus réduites ».

Where’s the Revolution?

Ainsi, les prolétaires travaillent dès l’âge de 12 ans, se préoccupent de choses futiles comme « les querelles mesquines entre voisins, les films, le football, la bière et surtout le jeu » et ont accès aux drogues, aux magazines de pornographie et peuvent virtuellement faire ce qu’ils veulent. C’est à ce moment-là que Winston aimerait les voir se réveiller, se secouer et commencer la révolution et, pauvre Winston ira même jusqu’à percevoir une lueur d’espoir lorsqu’il entend un groupe de femmes prolétaires crier de toutes ses forces, seulement pour découvrir qu’elles se battaient pour des casseroles de fer blanc (objet décrit comme de la camelote misérable, mais puisqu’il manque de tout dans 1984…). Il se résout alors à écrire dans son journal :

« Ils ne se révolteront que lorsqu’ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés ».

Il est difficile de ne pas se rappeller quelques faits d’actualités en lisant 1984…

1984 de George Orwell continue alors dans une deuxième partie où Winston explore de plus en plus ses idées rebelles et où les choses deviennent de plus en plus intéressantes. Winston commence à réellement voir les choses pour ce qu’elles sont et devient de plus en plus conscient. Il comprend alors que le Parti a pour habitude d’embrasser la contradiction, « reliant constamment les contraires – la connaissance avec l’ignorance, le cynisme avec le fanatisme », la paix avec la guerre, la vérité avec les mensonges, l’abondance avec la famine, l’amour avec la torture. De cette façon, le Parti abandonne tous les principes de base du socialisme et a tourné le dos aux objectifs initiaux de la Révolution pour créer une dictature. Winston dit alors : « Nous sommes des Morts », impliquant que toutes ces connaissances gagnées n’ont fait qu’accentuer ses premières intuitions : « L’avenir appartenait aux prolétaires. (…) Tôt ou tard, la force deviendrait consciente ». Winston est plein d’espoir, mais continue de penser qu’inévitablement, il finirait par être attrapé par la Police de la Pensée.

Spoiler

Et malheureusement, il avait raison. Winston se fait avoir et ces quelques derniers chapitres sont aussi poignants que pénibles à lire. Pénibles, car on aurait vraiment aimé que cette société puisse s’effondrer, on aurait voulu voir la révolution naître, mais, si vous espériez une fin heureuse vous serez vite déçu. Ainsi, la deuxième partie décrit à la fois le début et la fin de la rébellion de Winston. Sa torture s’avère être aussi horrible qu’il l’avait toujours imaginée et, il en finit par conclure que la douleur physique est la pire chose au monde et lui est totalement insupportable. Pendant le processus de torture, O’Brien (personnage que Winston connaissait de vue et sur lequel il s’était fixé l’idée dangereuse et l’espoir que cet homme au regard intelligent n’était pas un supporter du Parti), prend rapidement le contrôle sur lui et commence à pénétrer son esprit à travers une manipulation psychologique profonde, assistée par une thérapie aux électrochocs. Entre les mains sans pitié d’O’Brien et du Ministère de l’Amour, Winston ne peut pas arrêter le processus de sa destruction psychologique et physique.

Il obtient cependant une réponse à sa question « Pourquoi? », et O’Brien lui révèle que le Parti poursuit le pouvoir pour le pouvoir et n’a aucun autre but. C’est pourquoi le Parti est capable de définir le présent, le passé et toutes les facettes de la société. Ici, nous voyons aussi comment le Parti a rompu avec le socialisme et la révolution pour adopter le régime totalitaire, ce qui est en fait la plus grande frustration d’Orwell avec les régimes totalitaires. En effet, il a été témoin de soi-disant révolutions socialistes se décomposer en régimes totalitaires, et ce particulièrement dans le cas de l’Union stalinienne des Républiques socialistes soviétiques et de l’Allemagne nazie d’Hitler. Ces régimes parlaient initialement de leur but d’améliorer la vie pour l’homme, mais en réalité, ne cherchaient simplement que le pouvoir. Ainsi, dans 1984, le Parti admet que sa soif pour le pouvoir et fait figure de dystopie ultime qui, pour être efficace, doit réprimer toute dissidence et individualité.

Le processus de torture de Winston révèle le degré de violence auquel les prisonniers sont soumis. Ils sont affamés, battus, déformés et amenés à leur point le plus faible. Lorsqu’il est complètement brisé, l’esprit de Winston cède finalement à la manipulation. Winston est presque physiquement détruit dans le processus de sa torture, mais c’est seulement après avoir vu ce qu’il était devenu qu’il se soumet à O’Brien. Celui-ci devient alors son sauveur et, dans les prochains chapitres, il lui donnera à manger, le guérira et lui permettra de devenir fort. O’Brien influencera bien sûr grandement l’esprit et le processus de pensée de Winston, le guidant vers les voies du Parti et supprimant tout sens d’individualité et d’indépendance.

Winston est alors inévitablement transformé en un légume du Parti.

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Pour Conclure,

Mon avis sur 1984 de George Orwell touche donc à sa fin et comme le dit ma description d’auteur, il s’agit de mon bouquin préféré. Ce que je trouve de plus terrifiant dans ce livre, est que même s’il a été écrit à une autre époque et s’il décrit une société totalitaire vraiment extrême, il est toujours d’actualité et il est très facile en le lisant de trouver des parallèles nombreux avec certaines situations d’aujourd’hui. C’est aussi un livre poignant que j’aime vraiment lire et qui me donne un ressenti similaire à celui que l’on peut retrouver en regardant Black Mirror. Un classique que je recommande à toute personne qui a le désir d’étendre sa compréhension de nos sociétés actuelles et passées.

À propos de l'auteur

Raphypie
Raphypie
Mon livre préféré ? 1984. Mon film préféré ? Cloud Atlas. Mes séries préférées ? Black Mirror et MR Robot. Dois-je vous en dire plus ?
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