J’ai remarqué un gros enthousiasme autour de la récente production filmique :

 The Cloverfield Paradox

 Alors je l’ai vu et je vais vous dire ce que j’en pense. Mais tout d’abord c’est quoi « The Cloverfield Paradox » ?

The Cloverfield Paradox est un film US de genre thriller/science-fiction d’une durée de 102 min, suite de Cloverfield 1,2 et 3, réalisé par Julius Onah produit par JJ Abrams et Lindsay Weber et les sociétés de production Bad Robot Productions et Paramount Pictures.

The cloverfield paradox

Alors j’étais content j’adore la science-fiction, mais là le moins que l’on puisse dire c’est qu’après visionnage j’en dresse un bilan plus que mitigé. En fait c’est nul et on va voir pourquoi Avigeekers.

VENDEZ-MOI DU RÊVE

Franchement ça part bien, station spatiale internationale équipée d’un outils permettant de fournir à une humanité au bord de la guerre globale, l’énergie libre infinie et gratuite ce qui apaiserait les tensions. Déjà comment ça marche ? C’est pas super clair mais bon ça ressemble à un gros laser, passons. Attardons-nous plutôt sur la composition de l’équipage de la station qui constitue le gros du casting  de The Cloverfield Paradox :

Daniel Bruhl interprète Thomas Schmidt l’allemand de service, Gugu Mbatha-Raw est Ava Hamilton la noire de service, Askel Hennie est Volkov (pas de prénom, à quoi bon ?), le ruskov de service. John Urtiz, un dénommé Monk Acosta qui paraît être l’informaticien de l’affaire si j’ai bien tout compris. David Oyelowo est le personnage de Kiel, le mari de Ava qui est sur terre et non dans la station. Elisabeth Debicki est Mina Jensen, la blonde aux cheveux courts à la Alien qui apparaît complètement transpercée de câbles dans un placard, et enfin l’excellente Zhang Ziyi dont je développerai en détails le sale traitement dans le rôle de la chinoise de service, Tam.

Alors tout ça nous fait une très belle bande d’actrices et d’acteurs qui ont tous livrés de belles performances… Pour rien. Ça aussi j’y viendrai après.

Donc, tout ce beau monde est dans une station spatiale et il va leur arriver de fâcheuses mésaventures.

the cloverfield paradox

SYNOPSIS

Dans un futur proche la terre est à deux doigts du chaos. Le tarissement des ressources énergétiques que sont les combustibles fossiles a mis les nations sous tension. La quatrième guerre mondiale est imminente. Mais dans ce sombre tableau, il subsiste un dernier espoir de paix : la station spatiale Cloverfield, dans laquelle est embarquée l’accélérateur de particule Shepard.

Ce dernier, encore au stade expérimental, serait capable de pourvoir à lui tout seul aux besoins énergétiques  de l’humanité entière de manière gratuite et illimitée. Problème, après n’avoir pas fonctionné lors du premier essai d’allumage par l’équipage, un événement imprévu se produit lors du second… La terre disparaît.

The cloverfield paradox interieur

SCENARIO

Alors en fait le scénario de The Cloverfield Paradox est un mix entre Alien le huitième passager, Interstellar et Gravity, en moins bien, beaucoup moins bien. Mais je vais développer plus tard. Après la « disparition » de la terre consécutive à l’allumage de l’accélérateur de particules Shepard, l’équipage constate la mystérieuse disparition du gyroscope de bord, seul ustensile apparemment pouvant leur permettre de naviguer dans l’espace, ce qui me paraît tout de même curieux mais bon je ne suis pas ingénieur en aérospatiale.

On arrive dans la partie Spoiler que je vous conseille de lire, ça vous évitera de voir le film !

Spoiler

Perdus dans l’espace donc, les clichés/membres d’équipage semblent certes un peu déconfits mais pas spécialement paniqués pour autant. On va dire que cela est dût à un dur entraînement et à leur expérience, parce que chez Avis Geek on est une rédac sympa. Tout au plus se prennent-ils un peu le bec ou pleurnichent-ils pendant que personne n’a l’air de vraiment trop s’agiter pour retrouver ce fichu gyroscope, résignation ?

Mais soudain il arrive un nouvel élément perturbateur : Une femme blonde est retrouvée transpercée de toutes part par des câbles dans un placard technique. Une femme en tenue de cosmonaute inconnue de toutes et tous qui n’a rien à faire dans la station. Après un étonnement général, là encore tout à fait modéré (l’entraînement, l’entraînement), l’intrus sortie de nulle part est transportée à l’infirmerie après une rapide et rondement menée désincarnation. Advient qu’il se trouve que Mina, la nouvelle arrivante sortie du placard, semble connaître Ava, l’héroïne.

On comprend alors mais c’était évident, que la surcharge d’énergie qui a fait planté le Shepard a fait rentré en collision deux univers parallèles et quand même très semblable, mélangeant un peu des éléments des deux. S’en suivent diverses péripéties telles un message accablant pour Schmidt dans l’ordinateur de bord, le faisant passer pour une taupe saboteuse et la réapparition du fameux gyroscope dans le corps infesté de vers de Volkov.

Au final donc, on se rend donc compte que si  la terre avait disparue, ben c’était parce que sans ce damné gyroscope tout le monde regardait… A l’envers.

Je veux dire littéralement. Donc au prix de quelque réparations, d’un peu de bricolage, tout le monde peut rentrer à la maison. Mais c’était sans compter sur la très surprenante trahison finale. Mina, qu’on voit venir en fait depuis son apparition, veut rentrer dans son univers pour sauver sa terre avec la technologie de la station Cloverfield.

S’ensuit donc une bagarre entre elle et Ava puis des scènes d’actions au cour desquelles la station se disloque, Mina fini par être éjectée dans l’espace et à l’aide d’une capsule de survie je dirai, enfin d’un engin quoi, Ava et Schmidt arrivent à revenir droit vers la terre…

Sauf que Tada !

Pour y être accueilli non pas par la guerre, non pas par des hourras, mais par une créature monstrueuse de plusieurs kilomètres de haut qui passe sa tête dégueulasse au dessus des nuages. Quel Cliffhanger j’en tremble encore.

 

 

 

Cloverfield paradox

J’en tremble encore c’était chaud.

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Fin du spoiler

Donc vous aurez compris que nous avons à faire à une bonne histoire en carton, mais voyons dans le détail : 

LE ZHANG ZIYI PARADOX (White Washing quand tu nous tiens )

Alors tout d’abord le point qui, si ce n’est celui qui m’a le plus choqué, est au moins celui qui m’a le plus à la fois déçu et laissé perplexe :

Le cas Zhang Ziyi.

Pour ceux à qui ce nom ne dirait rien il s’agit d’une merveilleuse actrice chinoise, je pense que tout le monde connait son visage car c’est Yu Jiao Long dans Tigre et Dragon.

zhang ziyi

Tu sais qui j’suis ? Hein ? Tu sais qui j’suis ?!

Mais ce n’est pas tout, bien loin de là. Pour ne parler que de deux de ses plus beaux rôles je citerai ici le magistral 2046 de Wong Kar Wai et Mémoire d’une Geisha de Rob Marshall .

 

Souvent nommée dans la catégorie meilleure actrice ou meilleure second rôle de grandes remises de prix (bien que jamais lauréate dans ces dernières j’avoue), BAFTA, Golden globes et bien d’autres. Zhang Ziyi est ici sous exploitée avec très peu de dialogue et fait presque office de figurante. Mais ce n’est pas le plus grave. Je vais essayer d’être de bonne foi mais tout de même, faire mourir la meilleure actrice du film au beau milieu de celui-ci pour la remplacer dans son rôle de technicienne de l’espace par la technicienne de l’espace d’une dimension parallèle… Blonde aux yeux bleus !! Pardon mais c’est un peu gros.

Je ne remets pas en cause les talents d’actrices de Elisabeth Debicki, mais tout de même. Si dans l’univers de l’action principale du film la technicienne était la ressortissante Chinoise de l’équipage pourquoi ne l’était-elle pas dans l’univers parallèle ?

Pourquoi le Major Kusanagi est-il interprété par Scarlett Johanson dans Ghost In The Shell ? Je pense qu’on connait tous la réponse. Les majors companys de l’industrie du film considèrent le public américain beaucoup trop con pour s’identifier à un personnage interprété par une personne asiatique, et comme je ne pense pas que ce soit le cas du tout je trouve ça bien dommage.

D’autant plus dommage que Zhang Ziyi est une véritable superstar en Chine, mannequin et actrice au rayonnement international. Elle doit coûter très cher à une production, alors pourquoi ne l’utiliser qu’à moitié (et encore je suis gentil) dans ce film ? Relation avec les autres personnages quasi nulle, mort débile, rôle fonction… Dommage, c’est le mot. Je ne m’étendrais pas sur le fait que c’est le seul personnage à interpréter son rôle exclusivement dans sa langue (toutes ses répliques sont en Chinois). Tout le monde la comprend. Dans le futur, les occidentaux parlent tous chinois mais aucun chinois ne parle anglais ?

zhang

Ils font semblant de comprendre alors que depuis le début, je les appelle tous cornichon.

PSEUDO-SCIENCE-FICTION

Passons au deuxième point qui fait de The Cloverfield Paradox un mauvais film. Oui le mot est lâché.

Et ce point ce sont les approximations scientifiques, voir les total non sens. Alors je ne suis pas un scientifique, loin de là. Je suis bien incapable de résoudre une équation du premier degré et c’est même pas évident que je sache correctement poser une division. Mais justement ! Si même pour un non-scientifique comme moi les erreurs sont flagrantes, c’est qu il y a un problème. Problème que l’on pourrait qualifier de scénario écrit de dos avec les pieds. Je m’explique :

Alors déjà cette histoire d’univers qui se rentrent dedans parcequ’un accélérateur de particules s’est mis en surchauffe dans la station Cloverfield. Bon, si des univers sont « parallèles », le concept c’est qu’ils ne peuvent pas se rencontrer. En tout cas pas en accélérant des particules. À la limite, tout ce à quoi on pourrait arriver avec ça c’est provoquer une réaction en chaîne qui reproduirait le big bang. Et encore ça nécessiterait un accélérateur d’à peu près la circonférence de notre galaxie… Bref c’est un peu court comme justification de l’apparition d’un univers parallèle dans le notre, ça aurait été encore plus crédible d’invoquer la magie.

Mais ce n’est pas tout, le bras. Mais mince comment ce bras peut-il entendre ce qu’on lui dit et répondre ? Où sont ses oreilles ? Cherchez pas, c’est sans solution. C’est juste comme ça pour faire écrire un bras sans corps. Et les vers dans le corps de Volkov ? Ça, je n’ai pas compris non plus mais venons en au pire, l’apesanteur bordel !

Et oui, à la fin du film un personnage passe d’une partie de la station qui est en train de se détacher de l’autre par des débris qui lui tiennent lieu d’échelle. Et il force avec ses bras ! Je veux dire quand même, il force dans l’espace, avec zéro gravité ! En plus il semble tomber vers le bas de l’image. Faut pas nous prendre pour des jambons quand même. Alors ok, la station tourne sur elle même pour simuler la gravité, mais  elle ne crée certainement pas de la pesanteur dans l’ESPACE quoi.

« The Cloverfield Paradox n’est ni réaliste ni crédible. »

Tout ceci soulève le vrai gros problème du film. La suspension temporaire de l’incrédulité, phénomène bien connu des cinéphiles qui consiste à croire en des faits normalement impossibles ou très peu probables dans le cadre d’une histoire racontée, ne tient pas le choc face à tant d’invraisemblances. En effet il ne faut pas confondre impossible et invraisemblable, de la même manière qu’il ne faut pas confondre crédible et réaliste. Et bien là même pas la peine de se poser la question, The Cloverfield Paradox n’est ni réaliste ni crédible. En fait c’est simple, on y croit pas.

UN FILM KODAK

Un film Kodak ? Oui et je ne parle pas de pellicule pour appareils photo. Je parle d’accumulation de clichés. Oui je sais la blague est facile.

« Mais quels clichés JohnBog ? » Attends bouge pas j’y viens.

Tout d’abord les personnages ont bien du mal à s’extraire de leurs état de personnages fonctions ou de simples archétypes. Ava, l’héroïne, est une mère endeuillée de ses enfants et séparée dans le temps du récit de son mari, comprendre femme mère seule volontaire mais triste au fond, personnage mère courage en somme, qu’on a déjà vu 1000 fois. Et jamais elle ne sortira de ce cliché si ce n’est pour prendre la fonction de l’héroïne de film d’action qui dénoue la situation. On l’aurait voulu mieux caractérisée. Et pour les autres personnages je ne vais pas vous faire le détail. Dans The Cloverfield Paradox, chaque personnage correspond au cliché relatif à sa nationalité d’origine.

CONCLUSION

Donc Avigeekers, j’aurais bien du mal à vous donner une raison valable de perdre 102 minutes à regarder The Cloverfield Paradox. Pour toutes les raisons énumérées ci-dessus, le film ne satisfera ni les amateurs de science fiction ou d’anticipation qui ont déjà vu cette histoire des dizaines de fois en mieux, ni les amateurs de thrillers qui verront venir la fin à 10 km, ni les amateurs d’effets spéciaux et d’action parce que ces deux aspects restent bien en dessous des grosses productions hollywoodiennes.

Dommage encore une fois car j’aurais bien voulu pouvoir dire ici que les productions Netflix se hissent aujourd’hui au niveau de ce qui sort en salle. Ca a déjà été le cas pourtant… mais pas là.

Merci de votre attention c’était John Bog pour Avis Geek.

 

À propos de l'auteur

John Bog
John Bog
Passionné depuis toujours d'audiovisuel japonais, de mangas, de cinéma et d'univers fictifs en général.
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