Voila, je viens de passer 160 minutes à regarder :

The End of the F***ing World

Série sortie le 5 Janvier sur Netflix. Alors, étant donné la claque que j’ai pris, j’ai décidé d’écrire cet avis dans la foulée.

Contexte

Commençons par le trailer :

https://youtube.com/watch?v=8UV2s0V7fnc

Pour résumer en une phrase cette série : La rencontre entre 2 ados paumés dans une petite ville de province quelconque anglaise va provoquer des étincelles. La série a été montrée d’abord sur Channel 4 (à qui on doit déjà la série Black Mirror, et dans laquelle le jeune acteur a déjà joué) en Octobre 2017 puis est disponible depuis le 5 janvier sur Netflix . Il s’agit d’une adaptation libre du manga de Charles Forsman qui porte le même nom ‘ The end of the f**king world ‘.

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Planche de la BD qui a inspiré la série

La Série est découpée en 8 épisodes de 20 minutes qui doivent être regardés d’une traite. Pour moi c’est un film découpé, et le format permet d’ingurgiter les 8 épisodes sans baisse de rythme.

L’histoire est captivante et peut-être décomposée en 4 grandes phases, de manière très classique :

  • Épisodes 1-2 qui servent à présenter la situation initiale. L’on découvre les personnages sous un doux air de Teen Trash Movie. C’est agréable et amusant.
  • Épisode 3 : L’élément déclencheur. Puissant et attendu, c’est à mon avis le meilleur épisode (avec le 8).
  • Épisodes 4-5-6-7 : Les péripéties de nos jeunes personnages. Leur fuite en avant, à la fois tragique, stressante, émouvante et drôle.
  • Épisode 8 : Le Climax, particulièrement fort. Le genre de fin qui prend aux tripes.

Personnages

James va vers la fin de ses 17 ans et tourne en rond. Sa mère s’est suicidée devant ses yeux et depuis il est fasciné par la mort et pense être un psychopathe. Il aime les armes, il aime tuer les animaux et il aimerait bien tuer quelqu’un. Alex Lawther joue à la perfection. J’ai trouvé au début qu’il ressemble fortement à Hugh Grant en jeune, mais je me trompe peut-être.

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En tout cas, son personnage est à la fois émouvant, effrayant et héroïque. Au cours de la saison, James va passer à l’âge adulte (autant ‘officiellement’ que ‘psychologiquement’) avec tout ce que cela implique. The End of the F***ing World démontre avec force les tourments de l’adolescence et les conséquences des blessures de l’enfance.

Alyssa, jouée par Jessica Barden, a 17 ans et tourne également en rond. Sa mère s’est remariée avec un homme qui la tripote et tout le monde s’en fout. Alyssa est en trop dans cette famille et a du mal à trouver sa place dans la vie en général. La jeune fille abandonnée par son père à l’age de 7 ans s’est (forcément) mis à l’idolâtrer et s’est réfugiée dans son monde.

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Son personnage est moins sombre que James et plus ‘classique’ (après tout son traumatisme est aussi plus classique). Cependant la façon de voir la vie de cette jeune fille interpelle et montre également les blessures de l’enfance avec force.

À coté de ces 2 personnages principaux gravitent :

Le père de James

Joué par Steve Oram. Ce personnage est très émouvant dans sa détresse de père veuf. C’est pour moi un personnage clé de cette histoire et celui qui m’a le plus touché. On sent que cet homme est dévasté mais ne vit que pour son fils qui est lui-même au plus mal. Le père se bat pour apporter de la vie et du bonheur malgré les souffrances. Visiblement cela ne marche pas très bien et son fils lui en veut d’être toujours en vie alors que sa mère n’est plus là.

J’ai noté une suite de dialogues que je trouve particulièrement percutants et qui montre bien l’évolution de James à travers les épisodes et surtout sa prise de conscience sur la détresse de son père :

Épisode 1 (James déteste son père, comme tout bon adolescent qui se respecte)

Alyssa : « Your dad is a prick. » (Ton père est un con)

James : « Yes I know. Sometimes I feel I should punch him in the face. » (Oui je sais, parfois, j’ai envie de le taper au visage)

Alyssa : « You should definitly do that. » (Tu devrais)

Épisode 4 (James commence à se rendre compte que son père a surtout fait ce qu’il pouvait)

James :

« That was the Day, I learnt the silence is really loud

I think maybe, my dad spend his all life try to avoid silence.

When  you have silence its hard to keep stuff out.

Its all there.

And you can’t ged rid of that. »

(C’est le jour, ou j’ai appris que le silence pouvait être bruyant. Je pense que peut-être mon père a passé sa vie entière à éviter ce silence. Quand tu as le silence, c’est difficle de garder les choses en soi. Tout vient.)


La mère D’Alyssa, est jouée par Christine Bottomley. Elle est complètement soumise à son mari et à sa nouvelle vie. Elle délaisse sa fille et son comportement amplifie le malaise d’Alyssa.

Le beau-père d’alyssa, joué par Navin Chowdhry qui a un rôle de salaud et qui le joue très bien.

Le père d’Alyssa, joué par Barry Ward. Rôle clé dans cette histoire puisque il représente la destination/ l’objectif de ce Road Trip. Là aussi, cela engendre un passage fort de la série :

Episode 8

Alyssa :

« Its much easier to think someone is the answer if you haven’t see him in years. Because they are not really real.

People cant be answer, they just more questions. »

(C’est plus facile de penser que des gens sont les réponses si tu ne les as pas vu depuis des années. Parce qu’ils ne sont pas réels. Ces gens ne sont pas les réponses, ils sont juste plus de questions.)

Les flics. On a le droit à un duo féminin, représentant le classique duo bon / méchant flic. Leur relation est intéressante ainsi que leur vision opposée de la situation.


Mon avis

Franchement, je n’étais vraiment pas chaud pour regarder The end of the f**king world. Une histoire d’adolescent psychopathe ne m’enchantait pas tellement. Mais étant donné le format de 20 min, je me suis laissé tenter par un épisode et je n’ai pas pu décrocher.

Tout d’abord le rythme est excellent, très moderne. On a pas le temps de s’ennuyer. La touche ‘British’ est également un plus, bien que l’histoire soit assez universelle et que la photographie et la réalisation fassent très série américaine. Ensuite les acteurs sont vraiment bons. Les 2 personnages principaux sont à la fois très sombres et très drôles et c’est un plaisir de les suivre dans leur Road trip. Enfin la bande originale est vraiment de grande qualité avec des ballades qui collent parfaitement à chaque situation.

Je trouve que la comparaison que l’on lit partout « une série à la Bonnie and Clyde » est très réductrice. La série a sa propre identité et surtout son humour très anglais lui permet de se différencier énormément de ce qui se fait habituellement. Pour moi ‘ The End of the F***ing World ‘ montre avec une très grande justesse la complexité des relations parents/enfants et leurs conséquences. Chacun fait ce qu’il peut pour rebondir après un drame familial et chaque personne va réagir différement. Une seule chose est sûre, notre passé définit notre avenir. De plus je n’ai pas ressenti une volonté de la série de critiquer ou de juger mais juste de faire un constat froid et implacable. Par contre, la série n’est pas grand public, et certaines images/séquences peuvent choquer.

L’épisode final, magnifique, termine le travail pour faire de cette série une des meilleures que j’ai vu depuis pas mal de temps.

Et pour conclure, une dernière citation issue de l’épisode 6 :

Frodon : « I dont like my  life. »

Alyssa : « So,  do something ! »

The End of the F***ing World est donc une série à voir et en VOSTFR, bien entendu !

 

 

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