https://www.youtube.com/watch?v=kgaO45SyaO4

 

Salut Avisgeekers,

Cette semaine je voulais faire une review de la série Dark (qui va venir) mais en me connectant à Netflix j’ai vu que la nouvelle saison de Black Mirror était sortie. Donc toutes affaires cessantes j’en ai binge watcher les six épisodes, parce que Black Mirror quoi.

« Mais John Bog pourquoi tu fais passer cette série avant l’autre ? Et Black Mirror c’est quoi d’abord ?  » me demanderez-vous et vous aurez raison ce sont de bonnes questions, bravo.

On va y répondre.

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C’EST QUOI BLACK MIRROR ?

Déjà Avigeekers si vous ne connaissez pas Black Mirror, en temps que becs fins friands de d’audiovisuel de qualité, c’est un peu comme, pour les gros cons, ne pas avoir de Rolex à 50 ans, vous avez raté votre vie. On va voir pourquoi.

Plus sérieusement, Black Mirror est une série Britannique céée en 2011 par Charlie Brooker, mettant en scène dans différents futurs proches dystopiques des histoires fantastiques allant de la science fiction au thriller en passant par l’horreur. Les épisodes (6 par saison) ne se succèdent pas, ont chacun leur scénariste et leur réalisateur propre et peuvent être vus les uns indépendamment des autres. Ce qui les relient entre eux est la thématique des écrans (d’où le nom Black Mirror) devenus omniprésents dans la société contemporaine. La série propose des prospectives glaçantes sur le devenir des technologies ayant trait à l’image, internet, les réseaux sociaux les applications mobile etc… Et ça fait froid dans le dos.

LA SAISON 4

Mais là c’est de la saison 4 de cette oeuvre magistrale (je pèse mes mots) dont nous allons parler. Produite et diffusée par Netflix, comme la précédente, alors que les deux premières l’avait été par Channel 4. Ce changement de Network implique plusieurs choses et à mon avis du bon comme du moins bon, je m’explique.

Le bon :

Tout d’abord depuis que Black Mirror est tombé sous l’escarcelle Netflix le nombre d’épisodes par saison à doublé. Alors comme vous êtes des Avigeekers intelligents à qui on ne la fait pas vous me direz « Mais John Bog, la quantité c’est pas la qualité enfin. » Et encore une fois vous aurez complètement raison.

Mais, quand même, rallonger les saisons permet une chose très intéressante : Multiplier le nombre de réalisateurs et de scénaristes y intervenant et donc la singularité des points de vue. En effet il est plaisant de, sur 6 épisodes, passer du thriller intimiste (réalisé, excusez du peu, par Jodie Foster) à un film survivaliste façon La Route en noir et blanc impitoyable (Metalhead). Mais nous reviendrons sur ces épisodes en particulier dans la partie spoiler.

« Dès le premier épisode on constate que ça ne rigole plus du tout niveau budget »

L’autre avantage du passage de Black Mirror sur Netflix c’est, bien sûr, les sous. Et oui le fameux nerf de la guerre. C’est vrai que dès le premier épisode on constate que ça ne rigole plus du tout niveau budget. En effet si les saisons de Channel 4 n’ont pas à pâlir face à celles du géant américain, il faut bien dire que là un palier a été franchit tant au niveau des effets spéciaux que des moyens alloués à la réalisation. S’il reste l’esthétique assez minimaliste et épurée de base, on voit dans cette saison 4, se diversifier les environnements et s’amenuiser le côté un peu « fait maison » qui pouvait parfois transparaître au début.

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Dès le premier épisode on constate que ça ne rigole plus du tout niveau budget

Mais ces médailles ont leurs revers.

Alors déjà marché US oblige, (je suppose que c’est pour ça sinon je vois pas vu que le monde est pas spécialement devenu plus gentil depuis 2011), la série a considérablement limé ses incisives. Pour dire ça sans métaphore à deux balles, je l’ai trouvé beaucoup plus gentille qu’à l’accoutumé. Est-ce une volonté de la production de rendre le produit plus Mainstream ? Je n’en jurerai pas mais je le soupçonne malgré le fait que les auteurs semblent bénéficier tout de même de pas mal de latitude. Ce qui me met la puce à l’oreille ?… Certaines histoires finissent bien ! Carrément bien sans équivoque même. Ce qui pour Black Mirror est quand même étonnant tant elle nous avait habitué à conclure ses intrigues de façon désabusée et souvent choquante, genre grosse claque dans la figure qui laisse sonné (je pense notamment au fameux épisode du premier ministre Anglais avec le porc pour ceux qui voient de quoi je parle. Et si vous ne voyez pas, je vous conseille de regarder par ICI).

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Quand la réalité dépasse la fiction

Malheureusement, dans cette nouvelle saison, on ne ressent pas trop le coup du scénario qui te prend, te retourne et te met face à toi même. Alors soit c’est voulu et la série glisse vers une pente plus douce pour éviter d’aliéner un potentiel nouveau public et c’est très dommage, soit les bonnes idées n’ont pas été autant au rendez-vous qu’elles ne le furent par le passé et l’impact est moindre. Mais impact il y a tout de même et certains épisodes bousculent encore le spectateur.

« Le casting aussi de cette saison 4 est hallucinant (de talent) »

L’autre truc un peu dommage, mais moins je trouve avec le Black Mirror de Netflix c’est comme dit plus haut l’aspect plus produit dans le traitement de l’image, les décors plus sophistiqués, dit comme cela ça semble plutôt une bonne chose mais la série y perd peut être un peu en âme ce qu’elle gagne en moyens.

Le casting aussi de cette saison 4 est hallucinant (de talent), mais ça on y reviendra en faisant le détail des épisodes.

J’ajouterai juste une chose avant de rentrer dans le vif du sujet et de spoiler comme un cochon; à mon avis, mais ce n’est que mon avis, la saison 4 de Black Mirror cherche moins à mettre le spectateur dans un état de choc (salutaire) en démontrant un état de fait présenté comme à venir mais étant une réalité déjà présente. Ce qui en fait d’après moi une série similaire sur la forme mais très différente sur le fond que ses précédentes moutures. Encore une fois je fais cette review à chaud et il est bien possible que certaines choses m’aient échappé auquel cas je vous invite à lire jusqu’à la fin et à me donner votre avis.

SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER

Spoiler

BM

L’épisode 1  USS Callister

L’épisode débute sur le pont de l’USS Enterprise de Star Trek (enfin de l’USS Callister en fait mais s’en est la reproduction). Quoi ? Black Mirror dans l’espace en mode retro 70’s ? Alors évidemment on se doute bien si on connait la série que non et la supercherie est vite révélée. Néanmoins, bien qu’étant l’un de mes épisodes préférés de la saison, c’en est l’un des moins réalistes. En effet même si les mmorpg sont bels et bien présents depuis longtemps dans notre monde, on est encore loin du clonage numérique. En tout cas pas comme ça. Et encore c’est la moindre des incohérences de l’histoire. La façon dont la programmatrice (interprétée par Cristin Milloti) s’introduit facilement chez le CTU victime/bourreau (incarné par Jesse Plemons déjà vu dans Battleship) et d’autres détails m’ont gêné mais c’est pas très grave car le tout est sauvé par l’interprétation des acteurs.

Je ne vais pas les faire tous mais quand même revenir sur Christin Molli tout d’abord.

Alors cette actrice m’a beaucoup plu, je la trouve mignonne et spontanée et, aussi curieux que ça puisse vous paraître, elle m’a beaucoup fait penser à la comédienne Française Valérie Bonneton que j’apprécie beaucoup dans son jeu, si si je vous jure regardez bien ! Et Jesse Plemons je l’ai trouvé super dans son rôle. Sa parodie du capitaine Kirk est vraiment cool. On retrouve dans cet épisode la tendance actuelle à l’hommage aux années 80 et la culture « rétro-geek » (ce qu’on aime bien ici pas vrai ?) comme par exemple dans Stranger Things, le film It ou autres.

Opportunisme ou critique ? Je vous laisse juge. Mais surtout, oui surtout, étonnamment pour moi cet épisode finit bien ! Enfin à mon sens. On sent tout de même le petit parfum d’irréversible mais il y a surtout celui d’une nouvelle aventure pleine d’un nouvel espoir. Ce qui n’est pas sans rappeler un certain titre d’un certain épisode d’une certaine saga… des années 80.

Épisode 2 ARKANGE

Mais passons au gros dossier de cette saison 4 de Black Mirror. Arkange. L’épisode réalisé par Jodie Foster. Là c’est très différent du premier. On est dans quelque chose de très réaliste sous au moins deux aspects que vais essayer de traiter rapidement ici :

  • Le Flicage des gosses

Cet épisode met en scène l’ambivalence du comportement d’une mère qui après avoir de son point de vue mit en danger la vie de sa fille en la laissant deux secondes hors de sa vue se sent carrément de lui implanter une puce espion dans le cerveau assortie d’une tablette tactile espionne. Choses qui existe déjà au niveau des smartphones bien qu’en France elle n’ait pas eut tant de succès car nos enfants sont des rebelles mais n’oublions pas que comme j’ai insisté plus haut BB4 (on va l’appeler comme ça maintenant) est une série destinée au public Américain. J’en viens à mon point qui donne un intérêt tout particulier à cet épisode. L’histoire de sa réalisatrice. Que je ne vais pas réécrire dans cet review, voyez vous même Avigeekers :

https://www.vibration.fr/news/jodie-foster-un-episode-de-black-mirror-fait-echo-a-sa-vie-video-5

  •  L’adolescence

Qui n’a jamais, fille ou garçon, été un peu mal à l’aise par rapport à ses premiers émois sexuels (je veux dire le touche pipi hein) ? Qui aurait voulu que ses parents voient la moindre de ses déviances poindre ? Le moment le plus poignant pour moi, non pas de l’épisode mais de la saison elle-même, est quand le garçon un peu voyou dit à la fille surprotégée que c’est inutile de dire des gros mots au lit car il veut d’elle de toute façon. Car c’est ça la réalité c’est pas un film de cul et les fantasmes ne sont pas que dans un sens. Ce ne sont que les jugements qui rendent ça compliqué.

Ceci mis à part la question que pose cet épisode est celle de savoir s’il vaut mieux mettre en oeuvre une éducation « de droite » sans aucune liberté d’intimité pour l’enfant ou une plus tranquille niveau restrictions qui lui permettrait d’être plus apte à regarder la vie en face. Les Avigeekers attentifs auront bien compris de quel point de vue je me place mais passons à la suite…

Épisode 3 Crocodile 

Ensuite l’épisode Crocodile. J’ai pas grand chose à en dire bien que la conclusion soit plaisante genre bien fait pour sa gueule. J’ai passé une bonne heure de polar mais sans plus.

Merci de votre attention c’était John Bog. (je rigole on continue)

Épisode 4 HANG THE DJ

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Alors là Avigeekers pour ceux qui se seraient aventurés ici sans permissions pardon de vous le dire franchement mais poussez vous de là c’est l’épisode qui ne vaut d’être vu si on connait la fin .

OK ?

L’EPISODE DE L’AMOUR

J’ai passé tout l’épisode à me demander où ils étaient ces deux tourtereaux. Et ce qu’ils faisaient là. Bon en gros si on est un Avigeeker malin on a pigé qu’on est dans Inception. Tout s’éclaire au moment où le personnage de Amy demande à celui de Franck s’il se souvient comment il est arrivé sans le « programme ». S’ensuit une fuite que l’on croit être contre le déterminisme mais qui finalement s’avère aboutir par le twist final. Mais comme la plupart des épisodes de la saison ce n’est pas désespéré, et même plutôt touchant et joli. On termine avec un sourire bienveillant.

Épisode 5 METALHEAD

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Mais vous en vouliez du désespéré ? Et bien voici l’épisode Metalhead.

Et là on est dans quelque chose qui contraste avec le reste de la saison. Qui contraste oui. Comme le noir et blanc que le réalisateur David Slade a choisit comme parti pris visuel. Un noir et blanc rêche, rugueux, pour un épisode rêche, rugueux. Dans une dystopie où le monde entier semble avoir été rendu inhabitable par des robots de sécurité évoquant par leurs formes des chiens de garde. Ces chiens robots implacables font plus penser aux récentes avancées en robotique de la société Boston Dynamics qu’au petit pet tout mignon d’Apple.

L’épisode prend la forme d’une traque impitoyable d’un petit groupe d’humains par un chien de garde mécanique conçu pour tuer. Vraiment en soit tel quel il pourrait être un film de cinéma d’anticipation plus que correct. D’ailleurs il m’a beaucoup fait penser au film de Christian Duguay Planète Hurlante sorti en 1995. Film assez décrié à l’époque mais que personnellement  j’adore.

Metalhead se termine par le suicide de la dernière fuyarde. Excellent épisode pourtant, vraiment haletant, sous tension, et sensible à la fois.

Épisode 6 BLACK MUSEUM

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Mais passons à la claque tant attendue.

L’épisode final.

Black Museum, réalisé par Colm MacCarthy et scénarisé par Charlie Brooker

Il met en scène une touriste, qui s’avérera ne pas en être tellement une que ça, s’arrêtant dans un vieux musée du crime sur le bord de la route pendant que les batteries de sa voiture rechargent.

Ce musée du crime s’avérera vite être un véritable musée des horreurs et son détenteur, un genre de docteur Frankenstein sans scrupule. Les trois histoires qu’il raconte à la jeune « touriste » en lui faisant la visite, qui constituent le gros de l’épisode, sont toutes d’une infinie tristesse autant que totalement révoltantes.

Dans la première histoire sa technologie rend un homme accroc à la douleur des autres au point de devenir un tueur en série sadique. Dans la deuxième elle finit par forcer une personne handicapée à l’état de légume à vivre éternellement en conscience dans un jouet sans parole. Et la troisième fait revivre à l’infini la douleur de son exécution sur la chaise électrique. Sont donc traités ici les thèmes des déviances, de l’euthanasie et du voyeurisme morbide, du racisme et de la peine de mort. Ce qui vous en conviendrez est assez pesant pour un divertissement.

Donc la claque a lieu mais à la fin de l’épisode. La touriste était là pour se venger en fait ou plutôt pour venger son père du traitement que lui à fait subir le propriétaire du musée et autant dire que la vengeance est violente. Et on s’en réjouit. Comme dans un film de Tarantino, que la mise en scène évoque, on se réjouit de la violence. Et c’est là, à la toute fin, que la série renoue avec ce qu’elle fait de mieux: mettre le spectateur face à lui-même et la société face à elle-même. Et c’est pas toujours joli à voir. Vous vous souvenez ? Le Black Mirror .

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FIN DU SPOILER FIN DU SPOILER FIN DU SPOILER FIN DU SPOILER

« Malgré une tonalité légèrement plus soft que celles qui la précédent Black Mirror reste une des toutes meilleurs séries contemporaines. »

Donc qu’est ce qu’on peut en dire de cette saison 4 de Black Mirror ?

Et bien que malgré une tonalité légèrement plus soft que celles qui la précédent, Black Mirror reste une des toutes meilleures séries contemporaines. De part son propos, son intelligence, sa radicalité, sa singularité. Black Mirror surplombe la mêlée. En terme de pertinence comme de réalisation c’est au dessus du lot comme peuvent l’être aussi à leurs manières Westworld ou la saison 1 de True Detective.

Mais surtout nous avons à faire à une série qui fait réfléchir, au sens propre c’est le mot. Encore une fois je vous renvoie au titre, le Black Mirror. Autrement dit, si vous cherchez juste un moment de détente ou de rigolade, passez votre chemin. La série propose bien plus que ça et surtout vous pourriez y trouver ce que vous ne cherchiez pas.

Avant de finir j’en place une petite pour les séries Anglaise en général. Parce qu’à la base Black Mirror c’est Anglais ne l’oublions pas. Et nos amis britanniques sont, pour moi, que les boss du série game, Boardchurch , Sherlock , Doctor Who … Mais ça mes petits Avigeekers je vous en ferez bientôt un article aux petits oignons.

Merci de votre attention c’était John Bog pour Avis Geek.

À propos de l'auteur

John Bog
John Bog
Passionné depuis toujours d'audiovisuel japonais, de mangas, de cinéma et d'univers fictifs en général.
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