Salut Avigeekers, j’ai vu hier pour vous le très attendu Ready Player One de Steven Spielberg. Comme ça fait presque trois semaines qu’il est sorti, même en faisant de mon mieux pour ne pas être spoilé, j’ai quand même entendu bien des sons de cloches avant même la séance. Et autant dire que tous ces sons de cloches faisaient penser à celle de saint Pierre de Rome battants à la volée. Dithyrambique est la critique. A quelques rares dissonances près, la majorité chante en cœur les louanges de l’ultime film de geek, aux infinies références si abondantes qu’il serait impossible de les saisir toutes, le grand retour de Spielberg en seigneur et maître du cinéma de divertissement… Mais qu’en est il en réalité ? Y a-t-il surcôte ? Avons nous affaire à enfin chef d’oeuvre du cinéma pop qui nous sauverait de la noyade dans l’océan Marvel ? Devons-nous nous réjouir ? Et bien c’est ce que nous allons voir ensemble, mais tout d’abord, c’est quoi Ready Player One ?

READY PLAYER ONE

C’EST QUOI READY PLAYER ONE ?

Ready Player One est un film Américain de 140mn réalisé par Steven Spielgerg et scénarisé par Zak Penn et Ernest Cline.  Produit par Amblin Entertainment, De Line Picture, Farah films & Management, Reliance Entairtainment, Village Roadshow Pictures et Warner Bros.

Il s’agit de l’adaptation du Roman Player One d’Ernest Cline paru en 2011. N’ayant à l’heure actuelle pas lu ce roman, je ne m’aventurerai pas à parler de la qualité de l’adaptation, juste quelques infos : il a été édité par random house en 2011 puis traduit en Français et édité aux édition Michel Lafon en 2013.

SYNOPSIS de READY PLAYER ONE

Dans un futur dystopique de notre monde, l’humanité s’est considérablement paupérisé . A Columbus cette situation donne lieu à l’existence des « piles » (accumulation verticale de mobile homes) dans lesquelles vit le jeune orphelin Wade Watts au milieu de la pauvreté. Son échappatoire à cet environnement peut favorable est, comme des millions d’autres personnes, le MMORPG en VR OASIS.

Dans OASIS les gens ont accès à un univers extraordinaire et surtout ils s’extraient de leur condition de laissés pour comptes anonymes au profit de l’identité idéale de leur Avatar dans le jeu. Dans ce monde Wade est Parzival.

Quand James Halliday, le créateur de l’Oasis meurt, est dévoilée la quête ultime du jeu. Trouver les trois clés qui mènent à l’easter egg qui donnera à son heureux découvreur la propriété de l’Oasis et les pleins pouvoirs sur ce dernier.

CASTING de READY PLAYER ONE

Tye Sheridan/Wade Owen-Parzival

Tye Sheridan

Tye Sheridan

C’est le héro du film, le Neo, le Luke, enfin l’élu quoi. Orphelin il vit chez sa tante pas si cool et le mec de celle-ci, pas cool du tout quand à lui. Dans l’Oasis il est Parsival et il conduit la De Lorean du doc Hemmet Brown ce qui en soit est le véhicule le plus cool qui se puisse.

Olivia Cook/ Samantha-Art3mis

Olivia Cook

Quand il rencontre Art3mis in game, Parsival en tombe amoureux. Elle refuse cependant de le rencontrer IRL prétextant qu’il serait déçu. Il s’avérera qu’elle est en fait une activiste dans le monde réel.

Ben Mendelsohn/ Nolan Sorrento

Ben Mendelsohn

Le méchant capitaliste arriviste sans scrupule du film.

Mark Rylance/James Holliday

Mark Rylance   Halliday, le créateur de l’Oasis, un dieu pour la communauté de joueurs. Il meurt au début du film mais qu’est ce que la mort dans un monde virtuel ? En tout cas il laisse un dernière quête à ses fans.

TJ Miller /I Rock

TJ Miller /I Rock

Le complice de Sorrento dans le jeu, on connait T.J Miller aussi pour son rôle dans la très cool série The Silicon Valley.

Iena Waithe/ Aech-Helen

TJ Miller /I Rock

Le meilleur pote (oui vous avez bien lu) de Parsival dans l’Oasis.

Sho & Daito/ Philip Zhao & Win Morisaki

Les deux acolytes de Persival et Aech dans le jeu, vous devinerez jamais, c’est plus ou moins des ninjas.

Simon Pegg/ Ogden Morrow

Simon Pegg

Le premier associé d’Halliday avec qui il créa l’Oasis.

Tante Alice Susan Lynch
Mrs. Gilmore Clare Higgins
Lame Tattoo Guy Laurence Spellman
Pour le reste de la distribution.
 

SCENARIO

Le scénario de Ready Player One est bien ficelé, même si il ne contient aucune surprise majeure. L’histoire est facile à suivre et prenante, ce qui laisse à penser que l’adaptation est réussie. De ça je ne peux pas vraiment juger car je n’ai pas lu le livre mais gageons que comme c’est Ernest Cline, l’auteur de ce dernier qui a rédigé le scénario du film avec Zak Penn, la fidélité doit être au rendez-vous.
 
REALISATION
Comment dire… On a à faire à Spielberg quoi, pas à Jojo le clodo. Et oui c’est vraiment la classe. On retrouve toute la grammaire Spielbergienne associée au summum de ce qu’offre les technologies actuelles de l’image. On en a donc plein les yeux et ce dans les règles de l’art. J’ai vu le film en 2D. Oui en général je n’ai rien contre mais je ne suis pas particulièrement friand de la 3D qui, il faut bien dire, est quasiment inutile dans les trois quarts des films qui en bénéficient. Mais là j’ai regretté de ne pas avoir pris des lunettes tant j’ai senti que certaines scènes étaient réellement pensée pour de la 3D tout en restant tout à fait lisible à l’oeil nu. Il n’y a pas grand chose à reprocher à cette réal à moins d’être très très tatillon.
 
MISE EN SCENE
Et bien là aussi il ne va pas y avoir grand chose à dire. Nous avons affaire à du Spielberg des grand jours. Des années 80 en fait. Pétri de dynamisme et d’enchaînements de plans super efficaces. C’est amusant de se dire que presque tout ceci a été interprété par les acteurs devant un fond vert.
 
UN FILM DE GEEKS OU UN FILM POUR GEEKS ?
Alors oui vous l’aurez compris, Ready Player One est une réussite, il n’en soulève pas moins un certain nombre de questions, tout d’abord, à qui s’adresse le film ? Quel public s’y retrouvera ?
Les tenants de la « culture geek », je pense aux gamers, aux fans de SF et d’anticipation, aux rôlistes, aux férus de high tech, aux fans de mangas, d’animes, aux cosplayers et cosplayeuses, aux cinéphiles exigeants, aux passionnés de culture nippone, à tous ceux qui s’intéressent au retro gaming… Et là vous me direz: « Oulalala John Bog mais ça commence à faire beaucoup de monde tout ça ».
Et oui Jeune, tu as compris où je veux en venir ! En fait ce qui est usuellement appelé aujourd’hui « culture geek », ce n’est ni plus ni moins que la pop culture contemporaine.
 Je m’explique, en fait l’avènement d’internet à amener un recyclage, une sorte de mise à jour permanente, de toute la production audiovisuelle depuis les débuts de la télévision et du cinéma, et c’est exactement ce que fait le film pendant 2h17, prendre, tordre, mélangé, malaxé des éléments de l’imaginaire populaire collectif pour en recracher du neuf. Donc je dirais que plus qu’un film de geek Ready Player One est un film Geek.
 Mais est-ce un film POUR Geeks? Et bien… oui et non. Je veux dire si vous êtes un vrai gros geek hardcore qui connait tout sans exception à la fois sur Gundam et Evangelion que sur Star Treck, Star Wars et Flash Gordon en passant par l’intégralité des personnages des romans de Franck Herbert, que vous savez le nom de la femme du cousin du huitième storm trooper en partant de la droite quand Vader arrive sur l’étoile noire et que votre hobby c’est de coder des versions alternative de vieux jeux sur votre PC…ben le film va vous faire sourire gentiment mais l’avalanche de références risque de vous sembler bien évidente et un peu fade.
 En revanche pour peu que vous soyez, un peu comme moi, avec un coté Geek dût tout bêtement au fait d’avoir grandi dans les années 80 et d’être fan d’animes, de mangas et de cinéma de cette époque vous allez vous y retrouver totalement. Quel plaisir sucré que de repérer tous les petits clins d’œils (un par seconde environ) qui parsèment le métrage c’est vraiment super.
    « Mais John Bog, est ce que si on est pas geek du tout on peut aller voir Ready Player One quand même dis nous dis nous! »

Et bien oui les enfants, personnellement je suis allé le voir avec un couple d’amis qui ont passé la cinquantaine, et bien ils ont vraiment beaucoup aimé. Et pourtant sans leur faire offense je ne pense pas qu’ils aient jamais entendu parler de Gundam ou de Kaneda et sa moto. Mais peu importe, car Shining, dont est inspiré une des scènes marquantes du film, ça ils connaissent. Et il y a surtout la BO, pas besoin d’être geek de près ou de loin pour connaître par exemple New Order, Take On Me de A-Ha ou autre Bee Gees. Non vraiment, le film distille ses références de manière à ce que quasiment tout le monde puisse être touché. Film grand public quoi, avec un côté geek très prononcé, mais film grand public.
 
Maintenant Avigeekers j’aimerais vous parler des thématiques qu’abordent le film, mais ça, je ne peux pas le faire sans :
 
SPOILERS
Spoiler

 
 1-Les univers virtuels.
 Evidemment le premier axe qui vient à l’esprit ce sont les univers virtuels. Ici le traitement de la VR est, et c’est suffisamment rare pour être souligné, assez bienveillant. Ici pas de personnages des-sociabilisés, mis en détresse ou que sais-je par sa pratique vidéo ludique, fut-elle en ligne. Je trouve ça cool.
Mais alors le jeu, l’Oasis en lui-même, que nous raconte-t-il ?
Et bien que si les avatars peuvent transcender les joueurs c’est finalement le lien que ces derniers tissent entre eux qui les fait triompher. Après est-ce que je pense qu’un tel jeu en VR verra vraiment le jour à l’avenir? Un mmorpg avec un casque ? Franchement, pas sûr. Déjà, on voit que les casques VR actuels n’ont pas tellement révolutionner le monde du JV et même si ils sont loin d’être des échecs ils constituent plus un marché de niche qu’une nouvelle norme et je ne crois pas que cela change de si tôt. En plus, la grosse hype des mmo de type WoW est largement passée aujourd’hui et ça m’étonnerait qu’elle revienne à l’heure où le marché du jeu mobile est en plein boom, on peut le regretter mais en ce qui me concerne je ne crois pas du tout au retour du gaming online au long court à l’heure où pointe son nez le tout démat’ et le gaming en streaming. Mais là je disgresse. En tout cas la vision de Ready Player One sur le potentiel de réalité virtuelle est assez positif et bien pensé même si je ne pense pas qu’il se réalisera. Après l’avenir me donnera peut-être tort.
 
2-La vie à crédit.
Plus important, et il me semble que c’est la thématique principale, le film traite de la vie à crédit. En effet le personnage de Samantha/Art3mis se retrouve prisonnière de IOI dans un « centre de paiement » similaire à un centre de détention, voir de travaux forcés, où sont retenus les joueurs en délicatesse de paiement avec la firme multinationale de jeu dirigée par Nolan Sorrento. Donc on enferme dans des boites et fait travailler de force les personnes qui se retrouvent dans l’incapacité de payer après les avoir incité à acheter… Difficile de ne pas y voir un parallèle avec la société capitaliste contemporaine. Société dans laquelle tout incite le particulier à vivre à crédit, crédit voiture, crédit maison, crédit téléphone… Beaucoup d’individus voient donc leurs identités réduites à une ligne de débit sur les livres de compte de ses créanciers. Je crois que c’est ça que Spielberg a voulu montrer dans le film.
 
3-Assumer ses différences
Et oui ça aussi. Qui l’eut cru hein dans un blockbuster Américain. Bien sûr ne vous en faites pas, vous aurez votre dose de bons sentiments pour enrober les propos de guimauve. L’exemple de ça qui m’a choqué, c’est le coup de Art3mis qui dit à Parzival « Non, ne nous voyons pas dans la vraie vie, tu serai déçu ». Alors du coup je m’attendais à un truc choc, soit que comme le lui souffle Aech en fait c’est un mec (il se produira l’inverse en fait Aech est une fille c’est rigolo), soit elle est handicapée, soit elle est défigurée, je m’attendais même un peu à ce que ce soit une machine ou qu’elle n’ait pas de vrai corps, et en fait…
Elle a une tache de naissance sur la figure et à part ça elle est super mignonne ^^. Non mais vous êtes sérieux ?  Donc le film vous le dit être différent c’est ok, mais pas trop quand même hein faut pas déconner. Bon le propos est là quand même. On voit aussi qu’un point d’honneur a été mis à montrer des protagonistes issus des « minorités visibles », mais bon là aussi, les deux héros, Parsifal et Art3mis sont blancs, les deux asiatiques ont des avatars qui font des arts martiaux dont un est carrément un genre de Yoshimitsu, la black quand à elle s’exprime en mode ghetto et a une dégaine un peu hip-hop. Bon vous avez compris on sent l’intention mais c’est pas encore trop ça.
 
LES RÉFÉRENCES de READY PLAYER ONE
 
Passons à l’élément qui est quand même le gros morceau du film. Les références Pop culture ! Alors il paraît qu’ils sont indénombrables, impossible de tous les capter ! Mais qu’en est-il vraiment ?
Et bien ce n’est que partiellement exact. En ce qui me concerne, et autant le dire, je suis loin d’être un expert super pointu de la « culture geek », il ne me semble pas avoir été perdu ou dépassé par la profusion de références. Elles sont nombreuses certes, très nombreuses. Mais pas non plus obscurs et cryptiques. Elles s’adressent à tout le monde et c’est ça qui marche bien.
   En revanche là où en effet je pense c’est très dur de les appréhender toutes par rapport à la rapidité à laquelle elles s’enchaînent! Surtout lors de la bataille finale sur la planète DOOM où on assiste à une mêlée impliquant des centaines voir des milliers de personnages de comics de jeux vidéos d’animes de films. Vu la vitesse à laquelle s’enchaînent les plans en effet c’est difficile de tout voir. D’ailleurs, quand les Spartans de Halo montent à l’assaut, je ne saurais dire si le Master Chief est bien présent à l’appel. Ça c’est une chose mais parlons plutôt de ceux qui, il me semble, manquent à l’appel.
    Alors ce qui m’a un peu chagriné tout d »abord, aucun Goku à l’horizon! Ni aucun perso dragonball j’ai l’impression. Ceci s’explique aisément à mon avis plus par un problème de droits que par choix artistique. En effet, la Toi Animation est très jalouse de ses licences, on ne voit ni Luffy ni Seiya nulle part non plus. C’est à dire que la société japonaise dégage près de 2 milliards de dollars par an et c’est très cher de lui racheter des droits. Idem pour great Maginger Z que j’aurais préféré à gundam contre mécha Godzilla. Et ça n’aurait pas été trop cool aussi de voir les Simpson dans tout ça ? Ou encore mieux Rick et Morty on peut rêver. Dans la liste des personnages que j’aurais aimé voir aussi, il y a par exemple Samus Aran de Metroid, Brian Fury de Tekken, et surtout celui qui aurait eu complètement sa place, c’est Le Docteur !!!

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FIN DU SPOILER
 

BANDE ORIGINALE

 Il faut encore parler d’une chose avant de conclure, c’est de l’excellente BO.
Apparemment dans le turfu les gens kiffent le son des 80’s, et ça c’est bien.  Plutôt que détailler la tracklist du film je la pose ici avec juste une pensée émue pour le remix de New Order, à écouter sans modération.
https://www.youtube.com/watch?v=94rL3UXTkcM&t=1724s
 
CONCLUSION
 Et bien vous l’aurez compris Avigeekers, Ready Player One est un très bon film.
Un très bon film pour toute la famille qui non content d’être accessible se dispense d’être bête. Au-delà du pur fun de retrouver toutes ses références pop culture et ces musiques super cools, le métrage se paie le luxe d’interroger sur la société de consommation et même sur le mode de consommation du jeu vidéo lui-même avec sa tendance à forcer l’achat de DLC, ses pay to win etc.
 Une fois qu’on a dit ça on peut ajouter que c’est un film qui restera. Qui ne restera sans doute pas comme un grand film marquant de l’histoire du cinéma. Mais qui restera pendant longtemps, très longtemps, sur les programmes télés,  à la manière d’un E.T, d’un Jurrassic Park ou autre Retour vers le Futur. Spielberg fait ce qu’il sait faire et je dirai qu’il le fait mieux que jamais.
Alors Ready Player One le Saint Graal des geek ?
Oui et non, mais surtout non, parce que le film Geek ultime existe déjà et bien sûr c’est Kung Fury. Si encore Spielger avait casté David Hasseloff, Chuck Norris ou à défaut Steven Seagal… Voilà il manque une pincée d’autodérision à Ready Player One pour en faire LE film Geek. Il n’en demeure pas moins un super film pout toutes et tous.
 
Merci de votre attention c’était John Bog pour Avis Geek.
    Et surtout n’oubliez pas avant d’abandonner qu’il vous reste peut être une Extra Life.

À propos de l'auteur

John Bog
John Bog
Passionné depuis toujours d'audiovisuel japonais, de mangas, de cinéma et d'univers fictifs en général.
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