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C’est avec un peu d’appréhension que j’attendais que pope la première saison du Punisher sur Netflix. En effet si j’avais aimé l’introduction du personnage de Franck Castle dans la saison 2 de Daredevil mes dernières expériences en terme de super héros sur cette même plateforme qui héberge le catalogue Marvel Television furent comment dirai-je…

Et bien, teintées d’un petit goût pas très agréable de petit blondinet à frisettes au physique de salle de gym keep cool fitness s’agitant à l’écran dans des poses de « karaté » aussi souples que l’administration Française quand il manque la photocopie d’un papier pour percevoir une alloc. J’ai nommé, vous l’aurez compris… Iron Fist ! Qui, non content de m’avoir infligé ses cascades de type chorégraphie de filles dans la cour de récré dans des hangars vides curieusement meublés de palettes et de parpaings étonnamment fragiles pendant une saison entière, s’est trouvé être la clé de l’intrigue qui n’en demandait pas tant de The Deffenders, autre série tout à fait discutable.

Tout ça pour dire qu’au moment de commencer le visionnage j’étais curieux mais pas chaud chaud patate non plus. Allaient-ils m’aseptiser mon Punisher et en faire un bon samaritain ou un papa gâteau façon Will Smith en Deadshot dans suicide squad ou au contraire allaient-ils se lâcher et profiter d’avoir déconseillé la The Punisher au moins de 16 ans pour se le rendre plus badass que jamais… Et bien ni l’un ni l’autre, mais voyons ça ensemble.

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Donc la série qui nous intéresse ici est The Marvel’s The Punisher. Série US de 2017 créée par Steve Lightfoot (dont j’avoue tout ignorer) et diffusée sur Netflix.

Mais qui est donc ce Punisher ?

Avec son t-shirt noir orné d’une jolie tête de mort, il est tout à fait iconique bien que n’étant pas la plus grosse tête d’affiche de l’écurie Marvel.

Il fait sa première apparition papier en tant qu’antagoniste de SpiderMan en Fevrier 1974 dans le numéro 129 de la série the amazing spiderman avant d’avoir sa première série régulière en son nom propre bien plus tard en 1987 avec Mike Baron au scénario et Klaus Janson au dessin. De son vrai nom Frank Castle il a pour caractéristique de ne jamais épargner ses ennemis même lorsque ces derniers implorent pitié. Sympa le gars.

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Mais revenons à The Punisher, qui, on ne va pas se le cacher plus longtemps, est une véritable bombe. Tout d’abord grâce à son interprète principal John Bernthal. Une vraie gueule. Déjà vu au cinéma dans Les infiltrés, Le loup de Wall street et dans la série The Walking Dead (excusez-moi du peu). Cet acteur crève l’écran. Visage buriné, nez cassé, voix gutturale et cris rauques non sans rappeler les jeunes Stalone et De Niro dans le jeu physique et la dégaine ramassée.

Souvent la bouche en sang et en souffrance il donne densément corps au personnage et on ressent toute la difficulté, tant morale que physique, des actes qu’il accompli. Le personnage en a bavé, et ça se voit, mais sa colère est rentrée et n’en est que plus dangereuse. John Bernthal nous en joue une partition nuancée et souvent touchante, bravo l’artiste. On croit à ce personnage, à sa touche de la street et sa sempiternelle capuche.

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En fait vu la distribution de qualité de The Punisher on se demande comment les gens de Netflix ont pu caster Finn Jones pour Iron Fist ( oui j’en remet une couche). Beaucoup de bonne performances niveau acteur dans la série donc, on peut parler de Amber Rose Revah dans le rôle de Dinah Madani en flic arriviste ultra compétente dont on se demande tout de même ou elle trouve le temps de refaire ce brushing qui lui donne ces belles boucles impeccables H24, Ebon Moss-Bacharch dans celui dans celui de l’acolyte Geek du Punisher (vous savez ce mec qu’on voit toujours dans les films, celui qui aide le héro à distance derrière un ordi en s’empiffrant de snacks) et surtout, la claque pour moi, Ben Barnes mais nous y reviendront dans la partie spoilers.

L’ambiance globalement réaliste de The Punisher est aussi un atout. Un New York contemporain crédible, avec ses habitants, ses métiers, ses ouvriers, ses travailleurs sociaux (sa Lois Lane) sur un background post guerre d’Afghanistan dans une ambiance post traumatique faisant écho à l’état psychologique de Franck Castle. Dans ce contexte des thématiques (assez peu usuelles dans les univers de fiction super héros) sont abordées. En effet, au delà de la peur du terrorisme et de l’ennemi intérieur (à la Homeland) vient s’ajouter une description très intéressante des vecteurs de la radicalisation par le biais du personnage de Lewis Walcott interprété par Daniel Weber en jeune ayant perdu pied. The Punisher esquisse ainsi une critique des montées actuelles des nationalismes, ce qui n’est pas étonnant vu la ligne éditoriale qu’on devine derrière le catalogue Netflix, et ça fait du bien.

punisher-featuredScénario de Thee Punisher saison 1

Nous avons à faire à une véritable série policière bien ficelée. La trame de l’intrigue se joue au niveau local, fédéral et international et surprises et rebondissement sont au rendez vous loin du manichéisme. Les personnages évoluent et louvoient tant et si bien qu’on se retrouve avec une vraie histoire. Pas un simple « un méchant arrive, la terre est menacée, le héro met son costume à des péripéties et fini par le vaincre ». Voilà à peu prés ce que je peux dire sans déflorer l’intrigue passons maintenant à la partie spoiler puisque vous la réclamez.

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Spoiler


Amber-Rose-RevahNous voilà donc avec un homme taciturne sur un chantier qui défonce méthodiquement des murs à grands coups de masse, évidemment c’est Franck Castle le Punisher. Comme il ne dit jamais rien ses collègues les bullys du chantier le prennent pour un demeuré, bien mal leur en prend. Pour avoir essayé de tuer le petit jeune sympa du chantier qui lui avait offert un sandwich ils finiront morts dans une bétonnière. Enfin en gros c’est ça.

C’est pour dire que Frank, depuis qu’on a assassiné sa femme et sa fille, n’a plus rien à foutre de rien. Et vu qu’il a fait parti d’une équipe de torture en tant que marine de l’U.S Army en Afghanistan, c’est pas noyer deux ou trois lapins de six semaines dans du concrete qui va lui poser un problème de conscience. En revanche comme il est censé être mort en même temps que sa famille et que depuis il se planque sous une fausse identité ça ne l’arrange pas des masses (comme sur le chantier) d’avoir tout à coup la mafia et les flics au cul. Le voilà en cavale. Qu’à cela ne tienne, dans le premier dinner ou il décide de se poser le téléphone sonne, c’est pour lui, apparemment on l’a déjà retrouvé mais ni les flics ni la mafia. Un autre type dans la même mouise que lui, qui se fait passer pour mort depuis qu’on a essayé de le tuer lui et sa famille, sauf que lui c’est pas un ex des marines mais un ex de la NSA… Vous le sentez venir le coup fourré du gouvernement, l’intrigue conspirationniste ?

Donc voilà nos deux nouveau larrons, Frank le taiseux et Microhip la pipelette dans une planque en sous sol farcie d’ordinateurs. Je vais pas vous racontez toute l’histoire ne vous inquiétez pas, là ou je veux en venir c’est juste au fait que le duo de personnages formé à partir de là fonctionne plutôt bien. Comme dit plus haut c’est le coup classique de « la tête et les jambes « , le geek et le sportif Astérix et Obélix etc etc… Donc c’est deux là finiront par s’aimer à force de pilotage de drone, piratage de données, tirs au fusil sniper et bagarres dans les couloirs (comme le veut la coutume). 

gallery-1508412837-ebon-moss-bachrach-the-punisher-netflix-marvel-trailerEn fait le nouveau copain de Frank Castle est en possession d’une vidéo de torture (sur laquelle ce dernier apparaît) compromettante pour le gouvernement. Le gouvernement veut donc liquider tous ceux qui en ont connaissance. Et c’est là que les choses se corsent. Et qu’intervient mon personnage préféré de l’histoire qui plus tard s’avérera être le méchant de fin, le beau et riche car c’est toujours comme ça que se présente le diable Jigsaw, ancien compagnon d’arme de Frank devenu magna de la sécurité rapprochée.

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Un bel enfoiré y a pas d’autres mots. J’adore cet acteur. Déjà dans Westworld il était cool dans le même type de rôle mais je n’avais pas trouvé qu’il brillait tant que ça. En revanche là… Il me fait penser à David Tennant avec sa silhouette fine et son visage anguleux. Il joue à merveille le gars qui se sait beau et en joue tout sourire ambiguë dans son air de ne pas y toucher. Belle performance. Je n’ai pas vu venir de loin le fait que ce soit le salaud de l’histoire. Menteur, Fourbe, cynique et sans pitié mais pourtant pas dénué de courage et d’humanité, Il change des méchants habituels du genre.

L’autre méchant, Rawlins, interprété par Paul Sculze, est plus classique avec son oeil de verre et son amoralité je ne m’attarderai pas trop dessus. Passons plutôt à un personnage plus ambivalent et intéressant, celui de Lewis Wilson interprété par Daniel Webber.

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Ce jeune type était aussi marine en Afghanistan et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’en est pas sorti tranquille dans sa tête. Le peu de considération que lui porte la société américaine à son retour l’incite à avoir bien la rage qu’il exprime dans un groupe de parôle dédié animé par un pote de Frank Castle (vous voyez tout se recoupe). Il développe une idéologie nationaliste pro-arme au contact d’un autre membre du groupe de parole. Il finit par pèter un plomb en découvrant que ce dernier est un imposteur et il le bute. Le personnage qui en découle est une description du phénomène de radicalisation. Il se voit lésé par le système et renonce, son passage à l’acte aidant, à toute forme d’insertion dans une société qu’il estime profondément injuste. Sa solution, vu qu’il est convaincu d’avoir été trahi, est violente même si il n’en a pas les épaules. En roue libre et sans appuie, ça fini le plus mal possible. J’aime cette histoire car elle démontre que le plus patriote est souvent le pire danger pour ses concitoyens.

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FIN SPOILER

Voilà il y aurait d’autres choses à dire sur The Marvel’s The Punisher mais je préfère arrêter là pour ne pas que ça devienne trop indigeste.

Conclusion donc : Regardez The Punisher! C’est pour moi la meilleure de l’univers Marvel Television.

Merci de votre attention c’était John Bog pour Avis Geek.

 

À propos de l'auteur

John Bog
John Bog
Passionné depuis toujours d'audiovisuel japonais, de mangas, de cinéma et d'univers fictifs en général.
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